Un sens de la satiété, condition sine qua non pour les agents politiques en démocratie. Lire Piketty avec Arendt
Je propose une réflexion suscitée par la lecture du « Capital au XXIe siècle » de Thomas Piketty, à la lumière des concepts proposés par Hannah Arendt. Thomas Piketty révèle l’illusion générationnelle qui consiste, pour les baby boomers, à argumenter que nous sommes en crise depuis le milieu des ann...
में बचाया:
| मुख्य लेखक: | |
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| स्वरूप: | Article ou chapitre numérique |
| भाषा: | Français |
| प्रकाशित: |
2017
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| ऑनलाइन पहुंच: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| सारांश: | Je propose une réflexion suscitée par la lecture du « Capital au XXIe siècle » de Thomas Piketty, à la lumière des concepts proposés par Hannah Arendt. Thomas Piketty révèle l’illusion générationnelle qui consiste, pour les baby boomers, à argumenter que nous sommes en crise depuis le milieu des années 70, alors que c’est la crise provoquée par les deux guerres mondiales du XXème siècle qui s’est achevée à ce moment-là. Il met aussi en évidence une généralisation de l’aisance depuis deux siècles, en même temps qu’une explosion des inégalités depuis les années 1990. Inspirée par Hannah Arendt, il me semble que Thomas Piketty tombe dans trois pièges de la modernité : (i) celui du mirage méritocratique en acceptant les inégalités pour autant qu’elles soient justifiées, (ii) celui de valoriser les sommets, tout en prônant l’égalité, (iii) celui d’abonder dans le fait de considérer que l’identité et le prestige vont de pair. Avec sa caractérisation de la condition humaine, Hannah Arendt fournit un système conceptuel qui permet de changer nos représentations, et par là, de créer des espaces pour d’autres types de motivations pour l’action politique : l’éradication de la pauvreté, plutôt que la recherche de la croissance, l’appréciation de la pluralité, plutôt que la course et les sommets, la révélation de l’identité par une action juste et réfléchie plutôt qu’à travers des attributs. A cette fin, les agents politiques doivent se percevoir comme des êtres pluraux, pour qui la liberté signifie le privilège d’agir parmi ses pairs, et non la recherche effrénée d’une accumulation sans fin. |
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