Retour sur la crise des « subprimes » – autopsie d'une déraison d'Etat
Le phénomène « subprime » est appréhendé comme une déferlante et revêt tous les aspects – y compris affectifs – d’un avatar de crise systémique à dimension mondiale. Dans un contexte où l’approche économique est reine, la politique de taux de la banque fédérale ou l’imprudence des consommateurs font...
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
2009
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| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Le phénomène « subprime » est appréhendé comme une déferlante et revêt tous les aspects – y compris affectifs – d’un avatar de crise systémique à dimension mondiale. Dans un contexte où l’approche économique est reine, la politique de taux de la banque fédérale ou l’imprudence des consommateurs font figure d’« accusés principaux ». Toutefois, cette analyse n’apparaît pas pleinement satisfaisante car elle ne permet pas de saisir ce qui en a permis l’émergence ni l’importance. Or tenter de comprendre la perméabilité de nos systèmes, comment et pourquoi le processus pervers des subprimes se retrouve dans la capacité de nous atteindre, suppose que l’on s’intéresse préalablement au contexte juridico-politico-historique dans lequel la folle mécanique de l’endettement a eu raison de la prospérité de toute une économie. L’affaiblissement de la puissance publique, suscitée par la politique néolibérale américaine offre, à cet égard, un précieux élément de réflexion. Mue par l’intérêt du marché – converti en véritable « boussole » de l’action publique –, l’administration a légitimé son retrait en diffusant l’idéologie de la « société de propriétaires » : seule la propriété privée individuelle, panacée universelle, pouvait garantir la prospérité économique et, par suite, maintenir les équilibres sociaux. Cette idéologie a trouvé, en outre, un écho institutionnel tangible dans les politiques d’aides au logement ; celles-ci ont favorisé le développement massif du marché du crédit, lequel, largement libéralisé, a épousé les formes d’un prédateur. De fait, confiant le citoyen consommateur aux bons soins du marché, l’État s’est perverti. L’absence de garanties prévenant les dérives d’un certain « totalitarisme » du marché a ainsi créé un climat propice à l’emballement, conduisant à la crise. |
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