Remèdes à la privatisation de l'information par la propriété industrielle : le domaine technique

Ni le droit d’auteur ni le droit des brevets n’ont vocation à protéger l’information ou à « interdire l’accès » à celle-ci. Il n’en reste pas moins que la question de la « privatisation » de l’information se pose par suite des « effets de réservation » résultant des développements de ces deux sy...

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Auteur principal: Buydens, Mireille
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2007
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Ni le droit d’auteur ni le droit des brevets n’ont vocation à protéger l’information ou à « interdire l’accès » à celle-ci. Il n’en reste pas moins que la question de la « privatisation » de l’information se pose par suite des « effets de réservation » résultant des développements de ces deux systèmes de droits intellectuels. Ces effets peuvent être exogènes (i.e. externes et non conformes à la philosophie des droits de propriété intellectuelle), mais également endogènes. En droit des brevets notamment, des titres sont souvent délivrés qui ne font que résumer l’état des connaissances sur un certain sujet (sans nouveauté et/ou activité inventive), créant ainsi un « effet de réservation de l’information » (puisque le titre dissuadera les tiers d’exploiter l’information présentée comme invention). Dans le domaine des biotechnologies, la directive de 1998 prévoit que l’isolement d’un gène de son environnement naturel par un procédé technique peut être breveté, ce qui peut entraîner, pour l’entreprise qui aura réussi la première à isoler le gène, un monopole de fait sur la fonction de ce gène. La présente contribution identifie deux raisons fondamentales et une raison conjoncturelle à ces mutations, qui sont : la prévalence croissante de l’approche économique en droit (l’investissement devient le fondement de la protection) et l’impact de la pensée hobbésienne sur les systèmes de droit occidentaux, d’une part, et l’influence de l’OMPI comme organisation de défense de la propriété intellectuelle, d’autre part. Sont ensuite présentés les remèdes possibles à la réservation des informations techniques par une analyse de lege lata et de lege ferenda. De lege lata, les pistes suivantes sont étudiées : une stricte application des conditions de brevetabilité, l’abus de droit et la théorie de l’apparence, le recours aux exceptions légales et aux licences obligatoires, tandis que de lege ferenda, les possibilités suivantes sont explorées : l’offre d’une alternative au brevet aux entreprises ou aux inventeurs ainsi que la mise en place d’une règle de déchéance pour non-usage.