Paris au diable Vauvert, ou la Fosse aux lions

La Fosse au Lions désignait sous l’Ancien Régime, à Montrouge, une vaste dépression de terrain, ancienne entrée de carrière. La région, aux confins de la ville habitée, avait la réputation d’être hantée, d’être située, comme on disait, «au diable Vauvert». En 1853, à la faveur d’un bail entre l’e...

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Auteur principal: Faure, Alain
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2000
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:La Fosse au Lions désignait sous l’Ancien Régime, à Montrouge, une vaste dépression de terrain, ancienne entrée de carrière. La région, aux confins de la ville habitée, avait la réputation d’être hantée, d’être située, comme on disait, «au diable Vauvert». En 1853, à la faveur d’un bail entre l’entrepreneur chargé du déblaiement et le propriétaire, l’Assistance publique, une cité misérable faite de cabanes en bois vit le jour sur ce terrain. Le phénomène était alors fréquent à Paris, effet des travaux haussmanniens, mais cette cité faisait peur en raison de sa situation. Des prêtres en soutane aventurés là furent fort mal reçus et s’enfuirent paniqués, alors que leur mauvais accueil par les habitant s’explique par la peur superstitieuse provoquée chez les gens du peuple à la vue d’hommes en noir. Mais des visiteurs de la Société de Saint-Vincent de Paul entreprirent malgré tout l’évangélisation des habitants de la cité. Chez ces bourgeois charitables, la peur du lieu fit rapidement place à une peur de nature sociale: la misère et l’absence de toute religion faisaient des habitants de la cité l’avant-garde d’un peuple barbare, inassimilable, qui finirait par ruiner toutes les valeurs de la civilisation si on n’y prenait pas garde.