De la science des monstres : Canguilhem et la tératologie expérimentale d’Étienne Wolff

Dans cet article nous souhaitons montrer comment la connaissance approfondie que Canguilhem avait de la tératologie expérimentale a contribué à ses analyses des concepts d’anomalie et d’anormalité. Dans la première partie de l’article, après avoir retracé l’intérêt de Canguilhem pour les travaux d’É...

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Auteur principal: Vagelli, Matteo
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2018
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Dans cet article nous souhaitons montrer comment la connaissance approfondie que Canguilhem avait de la tératologie expérimentale a contribué à ses analyses des concepts d’anomalie et d’anormalité. Dans la première partie de l’article, après avoir retracé l’intérêt de Canguilhem pour les travaux d’Étienne Wolff grâce à l’analyse des textes préparatoires de sa thèse de 1943, nous clarifions les conceptions canguilhémiennes concernant, d’abord, l’équivalence ontologique a priori de toute forme vivante, et, deuxièmement, la nécessité épistémologique « d’éclairer par la connaissance des formations monstrueuses celle des formations normales ». Dans la deuxième partie de l’article, nous nous concentrons sur les contributions spécifiques apportées par les pratiques expérimentales de Wolff aux réflexions canguilhémiennes sur les concepts de totalité d’un organisme vivant et d’irréversibilité des phénomènes vitaux. Nous terminons en observant les conséquences de la « révolution moléculaire » des années 1960 sur la tératologie et en tirant des conclusions plus générales sur la manière dont l’étude des monstres met en lumière certains des aspects méthodologiques propres à l’épistémologie historique.