Savoirs urbains et construction nationale. La ville, au delà de l'État-nation ?

RésuméLe moment présent peut être décrit comme celui d’une sortie du modèle historiquement daté et localisé de l’État-nation, d’où émerge un intérêt renouvelé pour la ville comme lieu d’ancrage privilégié du politique et du lien social. On se trouverait donc dans un moment particulier de reconfigura...

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Dades bibliogràfiques
Autor principal: Ingold, Alice
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2005
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Sumari:RésuméLe moment présent peut être décrit comme celui d’une sortie du modèle historiquement daté et localisé de l’État-nation, d’où émerge un intérêt renouvelé pour la ville comme lieu d’ancrage privilégié du politique et du lien social. On se trouverait donc dans un moment particulier de reconfiguration des échelles du politique et du social, qui serait générateur de savoirs urbains. Cette hypothèse est examinée à la lumière d’un autre moment particulier de cette histoire des États-nations, la seconde moitié du XIXe siècle. À partir de l’analyse de la construction nationale en Italie, l’article examine comment une importante production de savoirs sur la ville et sur le gouvernement urbain émerge en Europe durant cette période et comment les sciences sociales y ont apporté leur concours. La discipline historique a occupé une place toute particulière dans ce processus, spécialement pour l’Italie, au moment où les « communes médiévales italiennes » sont construites en modèle urbain et politique, au delà même de l’expérience historique qu’elles désignent. L’analyse se fonde sur l’essai du penseur lombard Carlo Cattaneo, « La ville comme principe idéal des histoire italiennes », paru en 1858. À partir d’une réflexion d’économie agraire, Cattaneo identifie dans les liens intimes unissant ville et campagne (par la propriété et le capital) et dans la capacité des villes à maîtriser leur territoire, le « fil idéal » de l’histoire italienne. Il invite à examiner la place d’un patriotisme local et urbain dans la construction nationale et à penser la ville comme laboratoire d’apprentissage du politique, au moment, paradoxalement, où la construction de l’État-nation dépossède les villes de certaines de leurs attributions politiques.