Un ethnographe face à la colonisation : Arnold Van Gennep en Algérie (1911-1912)

RésuméDans les années 1910, Arnold Van Gennep défend une ethnographie émancipée de la tutelle de l’anthropologie physique et qui applique à toutes les populations humaines les mêmes procédures d’enquête. Il est aussi très proche des réseaux d’érudition coloniale qui participent au renouveau institut...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Auteur principal: Sibeud, Emmanuelle
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2004
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:RésuméDans les années 1910, Arnold Van Gennep défend une ethnographie émancipée de la tutelle de l’anthropologie physique et qui applique à toutes les populations humaines les mêmes procédures d’enquête. Il est aussi très proche des réseaux d’érudition coloniale qui participent au renouveau institutionnel de la science de l’homme en France. Ses relations coloniales lui permettent de se lancer dans une enquête en Algérie dont il veut faire un modèle d’enquête de terrain. Il espère aussi que cette expérience posera les premiers jalons d’une expertise ethnographique venant éclairer la domination coloniale. Mais les écrits qu’il rapporte d’Algérie montrent que les réalités algériennes bousculent son projet sur plusieurs plans. L’enquête algérienne de Van Gennep nous invite donc à examiner d’un peu plus près ce qu’un ethnographe peut comprendre en 1911-1912 de la domination coloniale. De même, elle alimente un discours plus complexe que prévu et franchement ambivalent dont il faut analyser les enjeux épistémologiques et politiques. Elle constitue ainsi un épisode singulier mais significatif de l’histoire des relations entre sciences de l’homme et colonisation en France dans la première moitié du XXème siècle.