« Par la fente de l’huis » : les traducteurs catholiques et protestants du Cantique des cantiques face à l’ambiguïté érotique du Ct 5,4

Le Cantique du cantique suscite l’intérêt des commentateurs et des exégètes notamment à cause de sa teneur érotique. Un des versets les plus intéressants à cet égard est le verset 5,4, qui donne, dans la traduction d’Olivétan, ceci : « Mon amy a advance sa main par le pertuys/ & mes entraill...

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Dans:Réforme, Humanisme, Renaissance | 98 | 1 | 2024-05-21 | p. 103-120 | 1771-1347
Auteur principal: Placial, Claire
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2024
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Le Cantique du cantique suscite l’intérêt des commentateurs et des exégètes notamment à cause de sa teneur érotique. Un des versets les plus intéressants à cet égard est le verset 5,4, qui donne, dans la traduction d’Olivétan, ceci : « Mon amy a advance sa main par le pertuys/ & mes entrailles se sont esmeues en moy. » Le xvie siècle, qui voit fleurir les traductions tant catholiques, depuis la Vulgate, que protestantes, depuis l’hébreu, traduit ce verset uniformément en utilisant le terme de « pertuis » pour désigner l’orifice que pénètre la main du bien-aimé, ce qui est d’autant plus intéressant que par la suite, ce terme disparaît des traductions du Ct (Port Royal en 1700 : « le trou de la porte »). Cet article se propose de mettre en tension les choix terminologiques des traducteurs avec, d’une part, les paraphrases mystiques du texte, et, d’autre part, l’usage métaphorique du mot « pertuis » dans la poésie érotique de l’époque. J’en conclus que les traducteurs bibliques du xvie siècle, au contraire de leurs homologues des siècles suivant, optent pour un terme, le « pertuis », qui n’interdit pas, voire qui autorise et encourage les lectures érotiques.