La farce comme véhicule de la pensée religieuse de Marguerite de Navarre. Le cas du Mallade

Au sein de la création dramatique de Marguerite de Navarre, la pièce non biblique Le Mallade (1534 ?-1535 ?) occupe une place de choix grâce à son usage original de l’esthétique de la farce comme véhicule de propagande évangélique. La pièce met en scène la conversion du personnage éponyme à la nouv...

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Dans:Réforme, Humanisme, Renaissance | 93 | 2 | 2021-11-25 | p. 79-97 | 1771-1347
Auteur principal: Duhl, Olga Anna
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2021
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Au sein de la création dramatique de Marguerite de Navarre, la pièce non biblique Le Mallade (1534 ?-1535 ?) occupe une place de choix grâce à son usage original de l’esthétique de la farce comme véhicule de propagande évangélique. La pièce met en scène la conversion du personnage éponyme à la nouvelle foi sous la forme d’une guérison spectaculaire due au sermon de la Chambrière, personnage-type féminin connu de la farce conjugale, y compris la tradition narrative. Si le discours thérapeutique de l’humble servante vise à tourner en ridicule tout à la fois le savoir populaire incarné par la Femme et la profession médicale représentée par le Medecin, faisant écho au théâtre protestant satirique de la première moitié du xvie siècle,elle donne également lieu à un débat sur les causes, le mécanisme psychique, ainsi que les implications sociales et religieuses de la conversion, transformation radicale de l’individu dont la célèbre conversiosubita de Jean Calvin permettra par la suite de mesurer toute l’ampleur. C’est en développant le rôle rhétorique et dramatique de la Chambrière, qu’elle représente dans la double posture de servante des hommes et de Dieu, que Marguerite parvient à mettre la farce au service de cette enquête.