Éloge de la poésie dans les Emblemata (1596) de Lebey de Batilly

Denis Lebey de Batilly, né à Troyes (1551-1607), était un magistrat calviniste au service du roi de France à Metz. Avec Toul et Verdun, la ville formait depuis 1552 les Trois-Évêchés, constellation d’enclaves en terre d’Empire. Intimement lié à J.-J. Boissard (1528-1602), Lebey publia en 1596 un rec...

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Dans:Réforme, Humanisme, Renaissance | 85 | 2 | 2017-12-19 | p. 47-94 | 1771-1347
Auteur principal: Meerhoff, Kees
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2017
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Denis Lebey de Batilly, né à Troyes (1551-1607), était un magistrat calviniste au service du roi de France à Metz. Avec Toul et Verdun, la ville formait depuis 1552 les Trois-Évêchés, constellation d’enclaves en terre d’Empire. Intimement lié à J.-J. Boissard (1528-1602), Lebey publia en 1596 un recueil d’emblèmes créés par son ami plus âgé et élucidés par des paraphrases qui sont de savants tissus de citations. Les Emblemata ont connu une seconde édition augmentée procurée par Paul Melissus, le poète néolatin « ami de la Pléiade ». Édition peu soignée, sans vignettes ni paraphrases, imprimée à Heidelberg. L’édition princeps fut imprimée à Francfort en 1596, chez Thierry de Bry, l’éditeur et graveur calviniste. Elle se compose d’une soixantaine d’emblèmes, parmi lesquels huit (E 46-53) sont consacrés à la poésie. Comme dans le recueil entier, chaque emblème de la série est dédié à une personne liée de loin ou de près à l’auteur. Le dédicataire avec lequel s’ouvre la série « poétique » est Joseph Scaliger. À travers l’emblème il est associé à Hercule Musagète, les qualités duquel ont été détaillées par Boissard dans un de ses ouvrages pédagogiques, Parnassus (1601). Comme Lebey, Scaliger fils a étudié à Valence sous Cujas. C’est également le cas d’un autre dédicataire dans la série, Pierre Poupo, reçu docteur ès droits au même moment que Lebey.Un réseau d’associations et de connivences se dessine ainsi. Quelles en sont les lignes de force ? Quel est, dans les cas considérés, le lien entre emblème et dédicataire ? Quel rôle convient-il d’assigner à Boissard dans le recueil entier et dans la série thématique ? Et comment situer P. Melissus ? Ayant cherché à répondre à ces questions, nous proposons quelques réflexions sur le cadre religieux du recueil et sur le rôle de l’éthique dans la théologie protestante.