L’affaire Louis Thomas. De la guerre d’Indochine à la guerre d’Algérie, une radicalisation d’extrême droite à l’ombre de l’Association des combattants de l’Union française (ACUF)
Les guerres de décolonisation françaises sont des guerres d’un genre particulier : généralement non reconnues, elles durent longtemps et, tout en se déroulant « au loin », elles ont des répercussions en métropole. C’est pourquoi elles font naître un malaise (aussi bien dans l’armée que dans la popul...
Shranjeno v:
| Glavni avtor: | |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Jezik: | Français |
| Izdano: |
2022
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| Teme: | |
| Online dostop: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Izvleček: | Les guerres de décolonisation françaises sont des guerres d’un genre particulier : généralement non reconnues, elles durent longtemps et, tout en se déroulant « au loin », elles ont des
répercussions en métropole. C’est pourquoi elles font naître un malaise (aussi bien dans l’armée
que dans la population civile) propice à une fermentation politique et à une radicalisation des
positions particulièrement vraies pour l’extrême droite. Cet article se penche sur une association
paramilitaire, l’Association des combattants de l’Union française (ACUF), et montre comment
celle-ci, initialement constituée sous la forme d’un organisme de bienfaisance (aide aux blessés
de guerre, accueil des militaires rapatriés des colonies, hommages aux morts), entre dans une
logique de radicalisation qui conduit ses principaux dirigeants à comparaître devant la Cour de
sûreté de l’État en 1963 pour atteinte à l’intégrité du territoire nationale. De fait, elle est devenue
une branche de l’Organisation de l’armée secrète (OAS). Plus spécifiquement, la trajectoire du
président de la section lyonnaise, Louis Thomas, montre comment un homme ordinaire franchit
un à un les seuils de la violence, de l’invective aux attentats (supposés) en passant par les sabotages
de réunions, les bagarres de rues et le meurtre d’un Algérien. Grâce aux recoupements de très
nombreuses archives (Renseignements Généraux, presse militante, régionale et nationale, justice,
enquête orale), on est à même de suivre une trajectoire biographique arrimée à une mobilisation
associative dans un contexte de crise politique aiguë où les autorités politiques et militaires,
comme les médias, sont parties prenantes. Cette histoire offre ainsi une plongée inédite dans la
guerre d’indépendance telle qu’elle peut affecter le quotidien. |
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