Enregistrer l’ethnicité au XVIIIe siècle : l’identification des migrants ottomans à la frontière habsbourgeoise
Contrairement à aujourd’hui, la définition d’une citoyenneté d’Ancien Régime est souvent limitée au cadre urbain et ne semble pas influencée par la consolidation des frontières internationales. Exception à la règle, la linéarisation des limites entre Monarchie habsbourgeoise et Empire ottoman au mil...
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| פורמט: | Article ou chapitre numérique |
| שפה: | Français |
| יצא לאור: |
2019
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| נושאים: | |
| גישה מקוונת: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| סיכום: | Contrairement à aujourd’hui, la définition d’une citoyenneté d’Ancien Régime est souvent
limitée au cadre urbain et ne semble pas influencée par la consolidation des frontières internationales. Exception à la règle, la linéarisation des limites entre Monarchie habsbourgeoise et Empire
ottoman au milieu du xviiie siècle soumet les populations migrantes à une longue période de
quarantaine et à un enregistrement administratif. Au-delà des objectifs sanitaires, ce dernier
est utilisé pour déterminer la sujétion politique des marchands de rite orthodoxe. L’allongement
de la chaîne de l’écrit qui en résulte transforme la nature même des procédures d’identification.
Inexistant à l’ouest de la Monarchie et seulement ponctuel dans la zone frontalière, le recours à
l’ethnicité est systématique au passage de la frontière : de marqueur social dans les pays ottomans,
le vêtement devient à la fois un signe de reconnaissance personnel et un indice présomptif de
fidélité politique dès les années 1750. Conçue pour les marchands, cette matrice d’identification
finit par toucher les migrants ruraux, cibles de l’usage du critère ethnique dans la définition
de leur appartenance civique locale une génération plus tard. Associant pratiques domaniales
anciennes, préoccupations policières et, sous l’influence du caméralisme triomphant, idéal du
sujet/citoyen de l’État habsbourgeois, le tri et l’assignation spatiale des paysans se fonde désormais
sur l’identification du stigmate linguistique. |
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