Le mauvais genre de la machine
Au XIXe siècle, «l’ancien régime typographique» laisse la place à l’ère des productions imprimées industrielles. Si l’impression se transforme rapidement dès la première moitié du XIXe siècle, le travail d’assemblage des caractères en plomb réalisé par le compositeur change peu avant l’introducti...
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|---|---|
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
2007
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| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Au XIXe siècle, «l’ancien régime typographique» laisse la place à l’ère des productions imprimées industrielles. Si
l’impression se transforme rapidement dès la
première moitié du XIXe siècle, le travail d’assemblage des caractères en plomb réalisé par
le compositeur change peu avant l’introduction des linotypes au tournant du XXe siècle.
Cette stabilité du système technique, généralement expliquée par l’imperfection des
méthodes de composition mécanique, s’enracine en réalité dans la complexité des rapports sociaux et des enjeux culturels soulevés
par les nouveaux procédés. En France en
effet, comme en Angleterre, les premières
machines à composer mises au point au
cours des années 1840 sont précocement
associées au travail des femmes. Les fabricants jouent de cette identification pour promouvoir des machines permettant d’utiliser
une main-d’œuvre bon marché. De leur côté,
les ouvriers du livre instrumentalisent la
dimension sexuée des artefacts techniques
pour préserver l’espace de travail. Ni transformation inexorable, ni impossibilité technique, le changement des méthodes de
composition émerge finalement au terme
d’un processus lent d’acclimatation et de
négociation entre les différents acteurs du
monde de l’imprimerie. |
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