Autour de Ramus. Le Combat. Études réunies et présentées par KEES MEERHOFF et JEAN-CLAUDE MOISAN, avec la collaboration de MICHEL MAGNIEN. Paris, Champion, 2005. Un vol. de 492 p.
Pierre Mertens et Paul Louis-Combet, romanciers d’expression française contemporains, ont pris pour objet, dans leurs textes respectifs Les Éblouissements et Blesse, ronce noire, les deux poètes Gottfried Benn et Georg Trakl. Pareillement marqués par l’expérience de la guerre malgré leur sort tou...
Sparad:
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| Materialtyp: | Article ou chapitre numérique |
| Språk: | Français |
| Publicerad: |
2008
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| Länkar: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sammanfattning: | Pierre Mertens et Paul Louis-Combet, romanciers d’expression française contemporains,
ont pris pour objet, dans leurs textes respectifs Les Éblouissements et Blesse, ronce noire, les
deux poètes Gottfried Benn et Georg Trakl. Pareillement marqués par l’expérience de la
guerre malgré leur sort tout différent, ces deux figures majeures de l’expressionnisme ont
manifesté une certaine dérision de l’héroïsme : aux images morbides de Benn, telles un antidote cruel à tout réflexe idéalisant, répond le refuge autodestructeur de Trakl dans un « âge
d’or » brisé, dont ne demeure que la souffrance et le sentiment d’une inexpiable culpabilité.
Si le roman de Pierre Mertens, reconstituant au plus près le parcours déroutant et souvent
contradictoire de Benn, met en lumière la genèse intellectuelle d’une passivité aboutissant de
manière aberrante à une complicité avec le régime nazi, celui de Paul Louis-Combet s’engage
dans une mimesis poétique de la conscience délabrée de Trakl, dans laquelle les mystères
sexuels s’agrègent au sentiment d’une apocalypse générale. Au rebours d’un certain conformisme viril, fruit d’une idéologie de guerre, l’un comme l’autre ont adopté l’indéfinition d’un
« Moi tardif » (Späte Ich), qu’on peut analyser comme un refus viscéral de l’Histoire.
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