« Moi, mère meilleure... ».

Parce qu’elle n’aime pas l’extraordinaire, l’histoire littéraire est embarrassée par un « événement » tel que la conversion de Claudel. Aussi entreprend-elle, contre les récits de l’intéressé, de réduire sa singularité en l’inscrivant dans des séries : celle des conversions d’artistes et d’intellec...

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Dettagli Bibliografici
Autore principale: Pérez, Claude-Pierre
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: 2007
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Parce qu’elle n’aime pas l’extraordinaire, l’histoire littéraire est embarrassée par un « événement » tel que la conversion de Claudel. Aussi entreprend-elle, contre les récits de l’intéressé, de réduire sa singularité en l’inscrivant dans des séries : celle des conversions d’artistes et d’intellectuels ; celle des signes marquant le regain de l’idéalisme. Sans doute l’histoire ne peut-elle procéder autrement. Tant qu’à constituer des séries, cependant, autant les faire les plus nombreuses et les plus diverses possibles. La conversion de Claudel regarde évidemment les historiens du sentiment religieux; mais aussi ceux qui s’intéressent à la communication politique, et à l’utilisation des artistes par les partis, les institutions, les groupes de pression. Si par ailleurs on entend « conversion » au sens de « complète transformation spirituelle et morale », cet événement peut être mis en série avec la nuit de Gênes de Valéry, ou la nuit de Tournon de Mallarmé. Au moment où Nietzsche prétend « casser en deux l’histoire du monde », un écrivain majeur est celui qui porte en lui « l’exigence d’une absolue césure »; il convient que celle-ci se marque dans le récit qu’il fait de sa propre vie.