L'édition de la correspondance de Balzac

Ouvrant un accès exceptionnel à la parole d’anonymes, d’habituellement muets de l’Histoire, les lettres écrites par les combattants de la Grande Guerre sont des objets frappants en ce qu’on assiste ici au surgissement massif d’une écriture à la première personne, et à la conquête paradoxale d’une...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Auteur principal: Pierrot, Roger
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2003
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id cairn-RHLF_032_0375
record_format cairn
spelling cairn-RHLF_032_0375RHLFRevue d'histoire littéraire de la France https://shs.cairn.info/revue-d-histoire-litteraire-de-la-france-2003-2-page-375?lang=fr https://doi.org/10.3917/rhlf.032.0375 L'édition de la correspondance de Balzac Pierrot, Roger2003 fre Revue d'histoire littéraire de la France | 103 | 2 | 2003-04-01 | p. 375-376 | 0035-2411 RHLF_03234 Ouvrant un accès exceptionnel à la parole d’anonymes, d’habituellement muets de l’Histoire, les lettres écrites par les combattants de la Grande Guerre sont des objets frappants en ce qu’on assiste ici au surgissement massif d’une écriture à la première personne, et à la conquête paradoxale d’une prise de conscience de son être intime dans le cadre d’une vie collective imposée. La lettre de guerre permet d’abord de garder un contact avec le monde des « normalement vivants » — contact d’autant plus important que le soldat a le sentiment d’avoir été retranché de l’humanité. Surtout, elle permet de préserver un espace intime virtuel, en permanence menacé par l’expérience de la guerre de tranchées. Étroitement surveillée (par la censure), cette écriture de « non écrivains » frappe néanmoins par l’invention de formes inédites : dans la tentative de décrire au plus près non seulement la souffrance mais l’accablement — le célèbre « cafard » —, mais surtout dans le souci de laisser un dernier message aux vivants — une « dernière lettre » : un écrit qui, dans la complexité de ses formes, retravaille le genre du testament. Cairn restricted access
language Français
format Article ou chapitre numérique
building 0/Bibliothèque numérique/
1/Bibliothèque numérique/Cairn/
description Ouvrant un accès exceptionnel à la parole d’anonymes, d’habituellement muets de l’Histoire, les lettres écrites par les combattants de la Grande Guerre sont des objets frappants en ce qu’on assiste ici au surgissement massif d’une écriture à la première personne, et à la conquête paradoxale d’une prise de conscience de son être intime dans le cadre d’une vie collective imposée. La lettre de guerre permet d’abord de garder un contact avec le monde des « normalement vivants » — contact d’autant plus important que le soldat a le sentiment d’avoir été retranché de l’humanité. Surtout, elle permet de préserver un espace intime virtuel, en permanence menacé par l’expérience de la guerre de tranchées. Étroitement surveillée (par la censure), cette écriture de « non écrivains » frappe néanmoins par l’invention de formes inédites : dans la tentative de décrire au plus près non seulement la souffrance mais l’accablement — le célèbre « cafard » —, mais surtout dans le souci de laisser un dernier message aux vivants — une « dernière lettre » : un écrit qui, dans la complexité de ses formes, retravaille le genre du testament.
author Pierrot, Roger
spellingShingle Pierrot, Roger
L'édition de la correspondance de Balzac
author_facet Pierrot, Roger
author_sort Pierrot, Roger
title L'édition de la correspondance de Balzac
title_short L'édition de la correspondance de Balzac
title_full L'édition de la correspondance de Balzac
title_fullStr L'édition de la correspondance de Balzac
title_full_unstemmed L'édition de la correspondance de Balzac
title_sort l'édition de la correspondance de balzac
publishDate 2003
container_title
container_issue
url https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://shs.cairn.info/revue-d-histoire-litteraire-de-la-france-2003-2-page-375?lang=fr
https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://doi.org/10.3917/rhlf.032.0375
_version_ 1877246623633899520