L'édition de la correspondance de Balzac
Ouvrant un accès exceptionnel à la parole d’anonymes, d’habituellement muets de l’Histoire, les lettres écrites par les combattants de la Grande Guerre sont des objets frappants en ce qu’on assiste ici au surgissement massif d’une écriture à la première personne, et à la conquête paradoxale d’une...
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| Auteur principal: | |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
2003
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| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Ouvrant un accès exceptionnel à la parole d’anonymes, d’habituellement muets de
l’Histoire, les lettres écrites par les combattants de la Grande Guerre sont des objets frappants
en ce qu’on assiste ici au surgissement massif d’une écriture à la première personne, et à la
conquête paradoxale d’une prise de conscience de son être intime dans le cadre d’une vie collective imposée. La lettre de guerre permet d’abord de garder un contact avec le monde des
« normalement vivants » — contact d’autant plus important que le soldat a le sentiment
d’avoir été retranché de l’humanité. Surtout, elle permet de préserver un espace intime virtuel, en permanence menacé par l’expérience de la guerre de tranchées. Étroitement surveillée
(par la censure), cette écriture de « non écrivains » frappe néanmoins par l’invention de
formes inédites : dans la tentative de décrire au plus près non seulement la souffrance mais
l’accablement — le célèbre « cafard » —, mais surtout dans le souci de laisser un dernier
message aux vivants — une « dernière lettre » : un écrit qui, dans la complexité de ses
formes, retravaille le genre du testament. |
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