Politique et poétique chez Valéry
La présence de Valéry à Budapest en juin 1936, pour présider des Entretiens sur l’humanisme dans le cadre de la Société des Nations, permet, par les interrogations qu’elle suscite, de préciser les points essentiels de sa poétique. Le paradoxe d’un humanisme pur consistant, simultanément et contrad...
Enregistré dans:
| Auteur principal: | |
|---|---|
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
2002
|
| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | La présence de Valéry à Budapest en juin 1936, pour présider des Entretiens sur l’humanisme dans le cadre de la Société des Nations, permet, par les interrogations qu’elle suscite,
de préciser les points essentiels de sa poétique. Le paradoxe d’un humanisme pur consistant,
simultanément et contradictoirement, à percevoir le connu dans l’inconnu et l’inconnu dans le
connu renvoie en effet d’abord à la tension du Moi pur éprouvé dans la singularité d’une sensation de plénitude constamment apposée à un sentiment de perpétuel évidement. Une telle
interrogation sur le sujet lyrique mène à une critique généralisée du Langage pur, distinguant
le sens et la valeur des mots, dénonçant leur aspect statistique et fiduciaire, et conduisant à la
conception d’une poésie pure fondée précisément sur le caractère trouble de ce que Valéry
nomme des « Mots Musique ». Mais le danger d’une confusion entre suggestion et sujétion
incite alors à prôner une poétique an-archiste, la poésie donnant très rigoureusement à « voir
ce que l’on voit », à « être ce que l’on est », aux risques et périls de celui qui s’y livre. |
|---|