Deus ex machina, ou le mythe de l'intrusion divine dans le théâtre de Jean Giraudoux
Dans cette étude, je saisis l’occasion de développer mes remarques (« Notice » de Choix des élues, Œuvres romanesques (Pléiade), t. II, p. 1307-1308) sur la « structure amphitryonnesque » et le problème de la transcendance chez Giraudoux, principalement dans Amphitryon, Électre, Intermezzo, Judith,...
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| Hovedforfatter: | |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
2002
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| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Dans cette étude, je saisis l’occasion de développer mes remarques (« Notice » de Choix
des élues, Œuvres romanesques (Pléiade), t. II, p. 1307-1308) sur la « structure amphitryonnesque » et le problème de la transcendance chez Giraudoux, principalement dans Amphitryon, Électre, Intermezzo, Judith, Ondine, Siegfried, et Sodome et Gomorrhe. Argument central : en dehors et au-delà de son intérêt philosophique, en tant que véhicule d’un contenu
idéel, ce mythe détient, en tant que constante structurelle dans l’imaginaire giralducien, une
fonction dramatique déterminante. Abordés dans cette optique, les chefs-d’œuvre du théâtre
de Giraudoux peuvent être envisagés comme des actualisations d’un seul mythe fondateur,
qui reprennent au moyen d’une série de variantes renouvelées, la rencontre, vite dégénérée en
confrontation, entre un être humain on ne peut plus terrestre avec une force extra-humaine, le
plus souvent touchée par ce que représente celui-ci de plus vulnérable et de plus médiocre.
Cette attirance, vite transmuée en antagonisme, émerge comme le moteur essentiel du débat
qu’est chacune des pièces constitutives d’une œuvre théâtrale dont « la nature [est] essentiellement verbale » (J. Body, « Notice », Siegfried, Théâtre complet (Pléiade), p. 1153). De cette
opposition rituelle d’éléments incommensurables, il ressort une paire de vérités paradoxales
et complémentaires : 1) dans l’anthropologie de Giraudoux, la dignité humaine n’est pas une
donnée, mais une conquête ; 2) dans la théologie, telle quelle, de Giraudoux, les diverses
incarnations du principe divin, finissent par s’avérer, mutatis mutandis, des travestissements
parodiques de l’humain. |
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