Mallarmé, le sujet de la poésie

Le coup de force réussi par Mallarmé fut de déclarer sans valeur — c’est-à-dire prosaïques — tous les sujets dont la poésie jusque-là avait fait étalage dans sa vitrine du sens, y compris le sujet même qui pourtant l’écrivait et qui souvent sans complaisance s’y montrait en personne. Conséquences ...

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Auteur principal: Delègue, Yves
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2001
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Le coup de force réussi par Mallarmé fut de déclarer sans valeur — c’est-à-dire prosaïques — tous les sujets dont la poésie jusque-là avait fait étalage dans sa vitrine du sens, y compris le sujet même qui pourtant l’écrivait et qui souvent sans complaisance s’y montrait en personne. Conséquences : la poésie devenait hermétique, les anciens genres étaient obsolètes, le poète s’abstentait de son œuvre, la mimèsis était un mensonge, l’harmonie était brisée qui reliait, croyait-on, l’appareil rhétorique à la « nature ». Mais pouvait-on imaginer une poésie sans sujet ?Réduite à elle-même, que pouvait-elle encore dire sinon l’irréductible et mystérieuse nécessité qui la fait être ? « L’âme est un nœud rythmique »; « l’instinct de rythme » est cette force en latence (pulsion, pulsation) qui donne sens aux formes du monde. Aux poètes il revenait désormais de disséminer dans la langue les « coupes vitales » de la « logique éternelle », mais une « logique avec nos fibres », à laquelle il est « asservi » et dont il est le sujet privilégié. Quitte à faire de la poésie ce « calme bloc chu du (Désir) obscur » qui en est la seule vérité.