Ilkka Lindstedt, Muḥammad and His Followers in Context. The Religious Map of Late Antique Arabia, Leyde/Boston, Brill, 2024, 372 p.

Au xviiie siècle, dans les discours de la médecine légitime, l’expression « faux remèdes » désigne les drogues des charlatans. Celles-ci deviennent un enjeu de police commerciale et médicale dans le royaume, à l’articulation entre régulation du marché des remèdes et souci de la santé des populations...

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Gardado en:
Detalles Bibliográficos
Autor Principal: Nsiri, Mohamed-Arbi
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: 2026
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Au xviiie siècle, dans les discours de la médecine légitime, l’expression « faux remèdes » désigne les drogues des charlatans. Celles-ci deviennent un enjeu de police commerciale et médicale dans le royaume, à l’articulation entre régulation du marché des remèdes et souci de la santé des populations. Montpellier est alors un haut lieu de la fabrication de ces drogues, d’autant que sa communauté des apothicaires en vend de très recherchées à la foire de Beaucaire. Trois corps savants et professionnels, la Société royale des sciences, l’Université de médecine et la communauté des maîtres apothicaires sont au travail de démarcation entre vrais et faux remèdes et entre bons et mauvais praticiens. Cet article se fonde sur l’étude de trois cas montpelliérains, tous de la mi-siècle. En 1758, le médecin Guillaume Amoreux lit à la Société royale un mémoire « sur les falsifications des drogues médicinales qu’on vend à la foire de Beaucaire » au nom de la lutte contre la dépopulation et en défense des marchands honnêtes. En 1761, la venue dans la ville d’un vendeur d’orviétan est l’occasion d’un scandale public qui menace la réputation de l’académie dont un membre a approuvé le « faux remède ». En 1767, le corps des apothicaires s’oppose à la création d’une société commerciale lancée par deux de ses membres au nom du risque d’altération des compositions. Dans ces différents cas, des acteurs individuels tentent de faire carrière et des collectifs défendent leurs intérêts en redéfinissant le bien public et, parfois, le corps lui-même.