Le pauvre transformé : les hommes, les femmes et la charité à Marseille, du XIIIe siècle jusqu'à la Peste noire

RESUMELe présent article a pour ambition de saisir les pratiques caritatives différentielles des laïcs à Marseille avant la Peste noire. Il repose sur l’analyse des testaments marseillais connus entre 1248 et la grande mortalité de 1348, soit à peu près 500 actes de dernières volontés, dont plus de...

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Detalles Bibliográficos
Autor principal: Michaud, Francine
Formato: Article ou chapitre numérique
Lenguaje:Français
Publicado: 2009
Materias:
Acceso en línea:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Sumario:RESUMELe présent article a pour ambition de saisir les pratiques caritatives différentielles des laïcs à Marseille avant la Peste noire. Il repose sur l’analyse des testaments marseillais connus entre 1248 et la grande mortalité de 1348, soit à peu près 500 actes de dernières volontés, dont plus de la moitié émane des femmes de la ville. Celles-ci, du moins au début de la période envisagée, appartiennent en grand nombre à l’élite locale, alors que la pratique testamentaire tend parmi les citoyens mâles à se répandre plus tôt et plus rapidement à l’ensemble de la société. Deux enseignements principaux se dégagent de l’examen des actes causa mortis à une époque marquée par l’efflorescence mendiante. D’une part, la générosité envers le « Pauvre du Christ » (à titre institutionnel ou personnel) semble dériver d’un encadrement pastoral étroit – attesté par la présence croissante de confesseurs auprès des disposants – mais sensible aussi aux aléas des crises spirituelles que traverse la cité au début du XIVe siècle. D’autre part, ce sont d’abord les hommes, notamment ceux de la haute société, qui se répandent en largesses pour soulager les misérables, alors que leurs filles, épouses et veuves consacrent plus volontiers leur attention et leurs moyens à un viatique plus désincarné, qu’assure par la prière et surtout la messe, le suffrage des clercs.