Les limbes de la dette

Quand les dettes sont remboursées et qu’elles ne concernent que quelques groupes sociaux, elles peuvent jouer un rôle de maintien de l’ordre social et ouvrir des perspectives d’ascension sociale. Mais quand elles dépassent les salaires et se généralisent, elles aiguisent au contraire la contestation...

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Auteur principal: Ravelli, Quentin
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2021
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Quand les dettes sont remboursées et qu’elles ne concernent que quelques groupes sociaux, elles peuvent jouer un rôle de maintien de l’ordre social et ouvrir des perspectives d’ascension sociale. Mais quand elles dépassent les salaires et se généralisent, elles aiguisent au contraire la contestation, comme c’est le cas depuis la grande crise de 2008 dans de nombreux pays. Après une longue mutation des métiers de la finance, initiée dans les années 1980 aux États-Unis par les grandes banques de Wall Street, la technologie de la titrisation a transformé les dettes populaires en produits financiers rentables, liquides, négociables sur les marchés internationaux. Désormais produite à une échelle de masse, cette dette-marchandise devient un enjeu militant de premier plan, en particulier en Espagne, autour de la Plataforma de Afectados por la Hipoteca ( pah) : les dettes titrisées y font l’objet de larges recompositions militantes, inédites, où convergent les membres actifs d’associations de consommateurs, de l’aide aux immigrés, du droit au logement, de partis politiques et de syndicats. Pour répondre à la désorientation et à la colère des familles égarées dans les « limbes » de la dette, les parcours militants s’infléchissent, se forment aux technologies financières et font évoluer leurs méthodes de contestation.