Le tout plutôt que la partie
ResumeSur les blogs, forums et sites de réseaux sociaux, l’abondance et la calculabilité de la parole des internautes permettrait d’accéder à une opinion spontanée, directement issue des traces de nos conversations ordinaires. Depuis les années 2000, un ensemble de start-ups et d’agences élaborent...
Guardado en:
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| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Lenguaje: | Français |
| Publicado: |
2018
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| Acceso en línea: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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cairn-RFS_593_0451 |
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A eb I lgorithmes nnovation nstruments O pinion Q SOCIAL uantification W A eb I lgorithms nnovation nstruments O ocial pinion Q S uantification W Kotras, Baptiste Le tout plutôt que la partie |
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ResumeSur les blogs, forums et sites de réseaux sociaux, l’abondance et la calculabilité de la parole des internautes permettrait d’accéder à une opinion spontanée, directement issue des traces de nos conversations ordinaires. Depuis les années 2000, un ensemble de start-ups et d’agences élaborent ainsi des méthodes humaines et algorithmiques visant à tirer parti de ce matériau foisonnant pour proposer une nouvelle mesure des opinions du grand public, voulue plus authentique que celle mesurée par les sondages traditionnels. À travers une sociohistoire du marché de l’opinion en ligne, cet article étudie la façon dont se recompose un nouveau régime de connaissance de l’opinion à partir de ses traces numériques, et souligne le caractère varié, contingent et situé des projets épistémiques qui se saisissent des big data. À partir d’entretiens et d’un travail ethnographique, nous montrons ainsi l’opposition entre des entreprises adeptes de l’échantillonnage des traces numériques, et d’autres, qui visent au contraire une captation la plus exhaustive possible des opinions du web social. Nous analysons en particulier les épreuves simultanément techniques et épistémiques auxquelles se confrontent les acteurs de l’opinion en ligne, qui mettent en échec les approches échantillonnées, et consacrent a contrario le projet d’une veille extensive et continue sur la conversation en ligne. |
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cairn-RFS_593_0451RFSRevue française de sociologie https://shs.cairn.info/revue-francaise-de-sociologie-2018-3-page-451?lang=fr https://doi.org/10.3917/rfs.593.0451 Le tout plutôt que la partie Kotras, Baptiste2018 AebIlgorithmesnnovationnstrumentsOpinionQSOCIALuantificationWAebIlgorithmsnnovationnstrumentsOocialpinionQSuantificationWfre Revue française de sociologie | 59 | 3 | 2018-09-13 | p. 451-474 | 0035-2969 RFS_59353 ResumeSur les blogs, forums et sites de réseaux sociaux, l’abondance et la calculabilité de la parole des internautes permettrait d’accéder à une opinion spontanée, directement issue des traces de nos conversations ordinaires. Depuis les années 2000, un ensemble de start-ups et d’agences élaborent ainsi des méthodes humaines et algorithmiques visant à tirer parti de ce matériau foisonnant pour proposer une nouvelle mesure des opinions du grand public, voulue plus authentique que celle mesurée par les sondages traditionnels. À travers une sociohistoire du marché de l’opinion en ligne, cet article étudie la façon dont se recompose un nouveau régime de connaissance de l’opinion à partir de ses traces numériques, et souligne le caractère varié, contingent et situé des projets épistémiques qui se saisissent des big data. À partir d’entretiens et d’un travail ethnographique, nous montrons ainsi l’opposition entre des entreprises adeptes de l’échantillonnage des traces numériques, et d’autres, qui visent au contraire une captation la plus exhaustive possible des opinions du web social. Nous analysons en particulier les épreuves simultanément techniques et épistémiques auxquelles se confrontent les acteurs de l’opinion en ligne, qui mettent en échec les approches échantillonnées, et consacrent a contrario le projet d’une veille extensive et continue sur la conversation en ligne. The whole rather than its parts: Big data and the multiplicity of opinion measures on the WebIn the form of blogs, forums and social networking sites, the abundance and calculability of the discourse of Internet users provides access to spontaneous opinion, taken directly from the traces of our everyday conversations. Since the 2000s, a group of start-ups and agencies have been developing social and algorithmic methods to take advantage of this abundant material in order to provide a new way of measuring public opinion, which could be more authentic than that measured by traditional surveys. On the basis of a social history of the online opinion survey market, this article studies the way in which a new regime of knowledge about opinion is being reconstructed from its digital traces, and underlines the varied, contingent and situated nature of the epistemic projects that capture big data. Using interviews and ethnographic studies, we demonstrate the contrast between companies that are experts at sampling digital records, and others which aim instead at capturing as much as possible of the opinions being voiced on the social web. In particular, we analyze the technical and epistemic challenges faced by online opinion actors that nullify sample-study based approaches, and thus support a different approach that involves extensive and continuous study of online conversation.ResumenEn los blogs, foros y redes sociales, la abundancia y la calculabilidad de la palabra de los internautas debería permitir el acceso a una opinión espontánea, directamente sacada de las huellas digitales de nuestras conversaciones cotidianas. Desde los años 2000, un conjunto de start-ups y agencias van elaborando métodos humanos y algorítimicos para aprovechar de este abundante material y proponer una nueva técnica de medición de las opiniones del gran público, considerada más auténtica que la que miden los sondeos tradicionales. A través de una sociohistoria del mercado de la opinión en línea, nuestro artículo estudia la manera en que va apareciendo un nuevo régimen de conocimiento de la opinión a partir de sus huellas digitales, y subraya el carácter variado, contingente y orientado de los proyectos epistémicos que se interesan en los big data. Basándonos en entrevistas y un trabajo etnográfico, enseñaremos la oposición entre empresas favorables a un muestreo de las huellas digitales, y otras que aspiran al contrario a la captación más exhaustiva de las opiniones de la web social. Analizaremos en particular las pruebas simultáneamente técnicas y epistémicas con las que se enfrentan los actores de la opinión en línea, que señalan los límites de la estrategia por muestras y al contrario consagran el proyecto de una observación extensiva y continua de las conversaciones en línea.ZusammenfassungDer Überfluss und die Berechnungsmöglichkeiten des Meinungsausdrucks der Internetnutzer in ihren Blogs, in Diskussionsforen und in Sozialnetzwerken sollten die Erfassung einer spontanen Meinung erlauben, die direkt aus den Spuren unserer üblichen Gespräche ersichtlich wird. Seit Beginn der Jahre 2000 erarbeiten viele Start-ups und Agenturen menschliche Methoden und Algorithmen zur Ausbeutung des umfangreichen Informationsmaterials, um neue Messarten der Publikumsmeinungen vorzuschlagen, die authentischer sein sollen, als die der traditionellen Meinungsumfragen. Durch eine Sozialgeschichte des Marktes der Meinungsäußerung im Internet untersucht dieser Artikel, wie ein neues System zur Meinungserfassung durch die digitalen Spuren entsteht und unterstreicht den unterschiedlichen, kontingenten und kontextbezogenen Charakter der epistemischen Projekte, die die big data erfassen. Durch Gespräche und eine ethnographische Arbeit zeigen wir so den Gegensatz zwischen den Unternehmen, die Stichproben von digitalen Spuren bevorzugen, und solchen, die die bestmöglich vollständigen Meinungsäußerungen im Sozialnetzwerk suchen. Wir analysieren besonders die gleichzeitig technischen und epistemischen Hindernisse, denen die Anhänger von Webmeinungen gegenübergestellt werden und die die Stichprobenmethode scheitern lassen, und die somit a contrario die Vorteile ihres Projekts einer extensiven und dauernden Beobachtung der Online-Gespräche bestätigen.Cairn free access |