Le tout plutôt que la partie

ResumeSur les blogs, forums et sites de réseaux sociaux, l’abondance et la calculabilité de la parole des internautes permettrait d’accéder à une opinion spontanée, directement issue des traces de nos conversations ordinaires. Depuis les années 2000, un ensemble de start-ups et d’agences élaborent...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Auteur principal: Kotras, Baptiste
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2018
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:ResumeSur les blogs, forums et sites de réseaux sociaux, l’abondance et la calculabilité de la parole des internautes permettrait d’accéder à une opinion spontanée, directement issue des traces de nos conversations ordinaires. Depuis les années 2000, un ensemble de start-ups et d’agences élaborent ainsi des méthodes humaines et algorithmiques visant à tirer parti de ce matériau foisonnant pour proposer une nouvelle mesure des opinions du grand public, voulue plus authentique que celle mesurée par les sondages traditionnels. À travers une sociohistoire du marché de l’opinion en ligne, cet article étudie la façon dont se recompose un nouveau régime de connaissance de l’opinion à partir de ses traces numériques, et souligne le caractère varié, contingent et situé des projets épistémiques qui se saisissent des big data. À partir d’entretiens et d’un travail ethnographique, nous montrons ainsi l’opposition entre des entreprises adeptes de l’échantillonnage des traces numériques, et d’autres, qui visent au contraire une captation la plus exhaustive possible des opinions du web social. Nous analysons en particulier les épreuves simultanément techniques et épistémiques auxquelles se confrontent les acteurs de l’opinion en ligne, qui mettent en échec les approches échantillonnées, et consacrent a contrario le projet d’une veille extensive et continue sur la conversation en ligne.