Réseaux et controverses : de l'effet des normes sur la dynamique des structures
La problématique des relations entre normes et structures sociales est aussi ancienne que la sociologie elle-même. Dans cet article, nous explorons les effets d’une controverse normative sur l’évolution, au sein d’une organisation, du turnover relationnel entre les membres et sur la structure rel...
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
2008
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| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | La problématique des relations entre normes et structures sociales est aussi ancienne que
la sociologie elle-même. Dans cet article, nous explorons les effets d’une controverse
normative sur l’évolution, au sein d’une organisation, du turnover relationnel entre les
membres et sur la structure relationnelle qui en résulte. Notre illustration et nos analyses
s’appuient sur des données empiriques recueillies pour une étude de l’évolution du réseau
de conseil entre les juges du tribunal de commerce de Paris. Dans cette enquête, 228 juges
(tous juges consulaires élus, provenant du monde des affaires et bénévoles) ont été interviewés sur leurs relations de conseil à l’intérieur du tribunal, mais aussi sur leur raisonnement
et manière de prendre des décisions de justice, en particulier sur leur degré de punitivité
dans des affaires de concurrence déloyale et d’attribution de dommages et intérêts.
L’enquête a été réalisée selon un design longitudinal, avec trois mesures du réseau de
conseil obtenues respectivement en 2000,2002 et 2005. Nous testons statistiquement nos
hypothèses sur l’effet des normes sur l’évolution de la structure et sur la dynamique de
l’apprentissage intra-institutionnel à l’aide d’un des modèles les plus aboutis dans ce
domaine, le modèle dit Siena (Snijders, 2001,2005). Nos résultats suggèrent que les normes
peuvent exercer des effets différenciés sur les comportements, mais seulement au travers
d’effets intermédiaires sur la structure sociale. En particulier, dans des organisations caractérisées par une forte centralisation due à la hiérarchie formelle, l’orientation normative de
la majorité des individus (ou des sous-groupes) tend à avoir un impact relativement faible
sur la structure sociale et les comportements, se limitant à renforcer l’alignement sur les
positions de la hiérarchie. Dans le cas présent, les normes sont plutôt liées à la structure à
travers l’alignement sur les normes choisies par une élite de leaders d’opinion. D’une
manière générale, la sélection relationnelle par les normes semble exercer des effets directs
d’autant plus faibles que les hiérarchies formelle et émergente se confondent dans le
contexte organisé. Nous considérons que cette approche de l’apprentissage par alignement
épistémique et normatif dans les controverses fait apparaître des éléments nouveaux dans
l’étude des relations entre normes, structures et comportements. |
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