Mettre les molécules à l’agenda

La période 1996-2016 voit l’usage progressif des molécules antirétrovirales (ARV) en prévention auprès des individus séronégatifs. Cet article s’intéresse aux conséquences du développement des outils biomédicaux et, plus particulièrement de la prophylaxie préexposition (PrEP), sur l’évolution des po...

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Κύριος συγγραφέας: Sabadel, Théo
Μορφή: Article ou chapitre numérique
Γλώσσα:Français
Έκδοση: 2026
Θέματα:
Διαθέσιμο Online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Περιγραφή
Περίληψη:La période 1996-2016 voit l’usage progressif des molécules antirétrovirales (ARV) en prévention auprès des individus séronégatifs. Cet article s’intéresse aux conséquences du développement des outils biomédicaux et, plus particulièrement de la prophylaxie préexposition (PrEP), sur l’évolution des politiques publiques de prévention contre le VIH. Il montre comment le passage d’une prévention généraliste centrée sur le préservatif à une prévention biomédicale ciblée illustre un changement de paradigme, fondé sur de nouveaux savoirs épidémiologiques, un recours à la médecine « fondées sur les preuves » et la reconnaissance d’une épidémie « concentrée » dans certains groupes sociaux. En mobilisant les approches cognitives de l’action publique et la sociologie politique, l’article s’intéresse au rôle central qu’ont tenu un petit nombre d’acteur.trice.s issus des mondes associatif, médical et scientifique dans la mise à l’agenda de ces innovations. Il met en évidence l’importance des controverses autour de la réduction des risques sexuels, la constitution d’une communauté épistémique favorable aux outils biomédicaux et l’instrumentation progressive de ces derniers dans les politiques de prévention. L’analyse souligne enfin que la transformation des molécules antirétrovirales en véritables outils de prévention participe à la fois à la (re)médicalisation de la prévention et à la normalisation du VIH au sein de l’action publique, au prix d’une dégénéralisation de la « cause sida » et d’un ciblage accru des publics les plus exposés.