La valeur sociale du chiffre

RésuméCet article envisage la quantification de l’action publique sous un angle singulier. Il ne s’intéresse en effet ni à l’ usage social du chiffre (ou aux intérêts particuliers de ceux qui s’en servent), ni à la construction sociale du chiffre (ou aux ficelles de la fabrication de la statistique...

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Dades bibliogràfiques
Autor principal: Ogien, Albert
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2010
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Descripció
Sumari:RésuméCet article envisage la quantification de l’action publique sous un angle singulier. Il ne s’intéresse en effet ni à l’ usage social du chiffre (ou aux intérêts particuliers de ceux qui s’en servent), ni à la construction sociale du chiffre (ou aux ficelles de la fabrication de la statistique publique), ni à la validité scientifique du chiffre (ou à la réalité des faits qu’il est censé décrire), mais à la valeur sociale du chiffre. Ses analyses s’articulent donc autour d’une question : comment une information quantifiée au sujet d’un problème politique est-elle catégorisée et dotée d’importance par ceux qui l’utilisent, indépendamment de ce qu’elle révèle à propos du fait dont elle fournit une description objective ? Pour répondre à cette question, l’article commence par identifier l’ordre de catégorisation qu’impose le « système du chiffre gestionnaire » ; puis, à partir de données empiriques extraites d’une enquête sur la mise en place de la Lolf et son application au domaine de l’enseignement supérieur, il rend compte de la reconfiguration de l’action de l’État qu’induit le passage d’une quantification descriptive à une quantification prédictive. L’article met ainsi en évidence le genre de propriétés sociales qui est conféré au chiffre lorsque l’action publique est soumise à un impératif de performance, et suggère que ces propriétés s’opposent à celles qui lui sont attribuées dans l’ordre de catégorisation de la démocratie.