S’aimer bien, « Se vos m’amez bien »
« Aimer bien », dit l’amour tempéré objectal et narcissique qui, contournant la passion, donne accès à un amour apaisé, résultant d’un deuil et cependant sans tristesse. « – Que demandez vos/Quant vos m’avez… ? / – Ge ne demant rien / Se vos m’amez bien ». Ces vers lus par un patient en séance lui a...
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicat: |
2026
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| Accés en línia: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
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cairn-RFP_901_0039RFPRevue française de psychanalyse https://shs.cairn.info/revue-revue-francaise-de-psychanalyse-2026-1-page-39?lang=fr https://doi.org/10.3917/rfp.901.0039 S’aimer bien, « Se vos m’amez bien » Danon-Boileau, Laurent2026 aimerbiendeuildouble vieobjet primairedouble lifelovingmourningprimary objectwellfre Revue française de psychanalyse | 90 | 1 | 2026-03-31 | p. 39-46 | 0035-2942 RFP_90195 « Aimer bien », dit l’amour tempéré objectal et narcissique qui, contournant la passion, donne accès à un amour apaisé, résultant d’un deuil et cependant sans tristesse. « – Que demandez vos/Quant vos m’avez… ? / – Ge ne demant rien / Se vos m’amez bien ». Ces vers lus par un patient en séance lui avaient été adressés par sa maîtresse pendant les vacances d’été. Le travail qui s’ensuivit éclaira d’un jour particulier la clinique de la double vie et les défauts d’objet primaire dont elle peut résulter. Dans la bouche de l’aimée « Quand vous m’avez » vaut comme protestation d’amour, mais aussi comme incitation au renoncement. « Si vous m’aimez bien » n’est pas l’expression de l’acceptation d’un amour amoindri, mais une manière de souligner que l’amour prodigué par la dame n’est pas une vérité établie par celui qui l’énonce, car il ne fait que reprendre les mots de son objet d’amour. En cela « bien » est la trace d’une conviction qui résulte d’une intégration réelle de l’objet primaire.“Loving well” bespeaks temperate, object-oriented, narcissistic love which, bypassing passion, gives access to a peaceful love, resulting from mourning and yet without sadness. “What do you ask of me/When you have me…?/ I ask for nothing/If you love me well.” These lines, read by a patient during a session, had been sent to him by his mistress during the summer holidays. The work that followed shed particular light on the clinical experience of the double life and the primary object defects from which it can result. In the mouth of the beloved, “When you have me” amounts to a protest of love, but also an incitement to renunciation. “If you love me well” is not an expression of acceptance of diminished love, but a way of emphasizing that the love lavished by the lady is not a truth established by the one who utters it, for he is merely repeating the words of his love-object. In this sense, “well” is the trace of a conviction that results from a real integration of the primary object.“Amar bien”, habla del amor templado objetal y narcisista que, al esquivar la pasión, abre el acceso a un amor calmo, resultado de un duelo pero sin tristeza. “Qué pedís vos/Cuánto me habéis? Yo no pido nada /Si vos me amáis bien” Estos versos fueron leídos por un paciente en una sesión y habían sido dedicados por su amante durante las vacaciones estivales. El trabajo posterior aclara de manera peculiar la clínica de la doble vida y los fallos de objeto primario del que puede resultar. En labios de la amada “Cuándo vos me habéis” funciona como queja de amor, pero también es incitación a renunciar. “Si usted me ama bien” no expresa aceptar un amor menor, sino es una manera de afirmar que el amor de la dama no es una verdad establecida por aquél que lo dice, ya que solo retoma las palabras de su objeto de amor. Por eso “bien” es la marca de una convicción que resulta de una integración real del objeto primario.Cairn restricted access |
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« Aimer bien », dit l’amour tempéré objectal et narcissique qui, contournant la passion, donne accès à un amour apaisé, résultant d’un deuil et cependant sans tristesse. « – Que demandez vos/Quant vos m’avez… ? / – Ge ne demant rien / Se vos m’amez bien ». Ces vers lus par un patient en séance lui avaient été adressés par sa maîtresse pendant les vacances d’été. Le travail qui s’ensuivit éclaira d’un jour particulier la clinique de la double vie et les défauts d’objet primaire dont elle peut résulter. Dans la bouche de l’aimée « Quand vous m’avez » vaut comme protestation d’amour, mais aussi comme incitation au renoncement. « Si vous m’aimez bien » n’est pas l’expression de l’acceptation d’un amour amoindri, mais une manière de souligner que l’amour prodigué par la dame n’est pas une vérité établie par celui qui l’énonce, car il ne fait que reprendre les mots de son objet d’amour. En cela « bien » est la trace d’une conviction qui résulte d’une intégration réelle de l’objet primaire. |
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