La tentation postlibérale des nouveaux intellectuels conservateurs américains
Cette contribution se propose de présenter et d’analyser l’émergence d’un nouveau courant intellectuel de la droite états-unienne : le postlibéralisme. Ce courant rassemble, à partir de la fin des années 2010, un certain nombre de juristes et de politistes qui ont en commun au moins deux choses : le...
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| Materyal Türü: | Article ou chapitre numérique |
| Dil: | Français |
| Baskı/Yayın Bilgisi: |
2025
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| Online Erişim: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Özet: | Cette contribution se propose
de présenter et d’analyser l’émergence d’un nouveau courant
intellectuel de la droite états-unienne : le postlibéralisme. Ce
courant rassemble, à partir de la fin des années 2010, un certain
nombre de juristes et de politistes qui ont en commun au moins
deux choses : le rejet du libéralisme d’une part, entendu comme
une idéologie exacerbant l’intérêt individuel au détriment de
toutes les formes de communautés traditionnelles, ainsi que
l’idée selon laquelle l’émergence du phénomène Trump est
l’occasion d’une réforme des fondements idéologiques du
Parti républicain. Le livre de Patrick Deneen, Why Liberalism
Failed (2018), marque ainsi le début de l’aventure intellectuelle
des postlibéraux. Ces derniers militent pour un rejet du
« fusionism » hérité des années Reagan et plaident pour un
« postlibéralisme » largement inspiré par des auteurs classiques
du conservatisme européen ainsi que par la doctrine de
l’Église catholique. Leurs adversaires sont évidemment leurs
homologues progressistes, mais également – voire davantage – les auteurs libéraux de droite ou libertariens. L’aventure
postlibérale apparaît ainsi comme une bataille intellectuelle
autour des fondements idéologiques du Parti républicain et
de la formation des futures élites conservatrices. Si le choix
de J. D. Vance comme vice-président par Donald Trump en 2024 est parfois interprété comme traduisant les progrès de
l’influence des postlibéraux, ceux-ci demeurent un petit groupe
d’intellectuels tout à la fois universitaires, catholiques, éloignés
de la politique pratique et bien souvent fascinés par la Hongrie
de Viktor Orbán. Ils forment ainsi une part atypique de la droite
intellectuelle américaine. |
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