Conservatismes contre radicalismes ? Trajectoires croisées d’Abraham Lincoln et de Robert E. Lee. Pour une autre grille de lecture de la guerre de Sécession

Au travers de ses résultats et de ses conséquences – à commencer par l’abolition de l’esclavage –, on est souvent tenté de lire rétrospectivement la période de la guerre de Sécession (1861-1865) comme une lutte entre la liberté et le progrès, représentés par le Nord abolitionniste, et l’oppressio...

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المؤلف الرئيسي: Bernard, Vincent
التنسيق: Article ou chapitre numérique
اللغة:Français
منشور في: 2025
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الملخص:Au travers de ses résultats et de ses conséquences – à commencer par l’abolition de l’esclavage –, on est souvent tenté de lire rétrospectivement la période de la guerre de Sécession (1861-1865) comme une lutte entre la liberté et le progrès, représentés par le Nord abolitionniste, et l’oppression intéressée incarnée par une clique de riches planteurs sécessionnistes du Sud. Or il s’agit là d’une grille de lecture que beaucoup d’hommes de 1860, des deux côtés, auraient eu bien du mal à reconnaître comme leur. Sur le plan politique, la guerre ne donne en effet pas tant lieu à un affrontement entre courants identifiés et traditionnellement hostiles qu’à une lutte d’influence entre fractions recomposées de ces courants. Ainsi des conservateurs américains revendiqués, regroupés au sein du Parti whig jusqu’aux années 1850, puis soudainement forcés de repenser leurs allégeances à l’aune d’une fracture de plus en plus irrésistible entre États autour de la question de l’esclavage et de son devenir. Cet article se propose ainsi très modestement, au travers de deux acteurs majeurs de la guerre issus de ce même courant whig, le président Abraham Lincoln et le général confédéré Robert E. Lee, d’ébaucher une grille de lecture plus transversale des dynamiques politiques autour de la guerre : celle d’un héritage conservateur modéré aux prises avec les courants radicaux de son temps.