Le postcolonial dans ses allers-retours transatlantiques : glissements, malentendus, réinvention

Résumé Cet article vise à retracer les enjeux d’une pensée postcoloniale évolutive et à examiner la généalogie des études postcoloniales qui résultent en partie d’échanges intellectuels et de transactions-réinventions entre les deux rives de l’Atlantique. Les deux temps forts de cet échange sont, à...

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Auteurs principaux: Zecchini, Laetitia, Lorre, Christine
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2011
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Résumé:Résumé Cet article vise à retracer les enjeux d’une pensée postcoloniale évolutive et à examiner la généalogie des études postcoloniales qui résultent en partie d’échanges intellectuels et de transactions-réinventions entre les deux rives de l’Atlantique. Les deux temps forts de cet échange sont, à partir des années 1970, l’exportation d’une pensée dite poststructuraliste élaborée en France et sa germination dans les universités américaines puis le rapatriement hexagonal de ce courant de pensée sous l’appellation « théorie postcoloniale ». Cet aller-retour a suscité en France des malentendus révélateurs de certaines crispations disciplinaires et identitaires. La « question » postcoloniale ayant été médiatisée avec la polémique aux alentours de 2005, et s’étant imposée dans le débat public non sans une confusion terminologique lourde de malentendus, la critique postcoloniale, dans sa forme politique et surtout mémorielle, a pris le pas sur la théorie postcoloniale et sur l’analyse des discours. La méfiance qui règne vis-à-vis d’un courant de pensée qui semble faire entrer certaines disciplines dans une ère du soupçon déstabilisante traduit un malaise spécifiquement français par rapport au brouillage des frontières disciplinaires. Elle révèle également une certaine difficulté républicaine à penser l’articulation entre identités et altérités, à renoncer à un « récit national » du passé colonial, à faire dialoguer mémoires et histoires divergentes, à distinguer entre mémoire et histoire. Ainsi, malgré l’émergence d’un véritable débat postcolonial français et francophone, le décentrement que traduisent et qu’accomplissent les études postcoloniales est encore à venir en France. Leur puissance de perturbation, d’ébranlement et de renouvellement semble en tout cas intacte.