Lutter pour sauver son cœur de métier : des mondes ouvriers indiens au service public français

Cet article traite du rapport dégradé au métier, à ses transformations quand ses règles nous échappent, quand on ne fait plus confiance à notre capacité d’en transmettre les ficelles à la génération suivante. Dans cet article, je mets en regard des études de cas propres au travail manuel (métallu...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Auteur principal: Kaba, Arnaud
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2026
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Cet article traite du rapport dégradé au métier, à ses transformations quand ses règles nous échappent, quand on ne fait plus confiance à notre capacité d’en transmettre les ficelles à la génération suivante. Dans cet article, je mets en regard des études de cas propres au travail manuel (métallurgie, verrerie) en Inde, pour montrer à quel point, dans des contextes du travail semblant éloignés, le sentiment d’avoir prise sur les « règles » du métier et sur les modalités de leur transmission reste crucial. Je me penche ensuite sur un secteur subissant de manière particulièrement violente des attaques quant à cette prise des personnes sur le cœur de leur métier : les services publics « normalisés » par le néo-management, en particulier la santé publique et l’université. Je montre alors que, dans ce contexte précis, le fait de recourir à des comités d’experts pilotés par des pairs est d’une efficacité redoutable. En détricotant le métier avec l’aval de membres légitimés par la culture dudit métier, on met les agents du service public face à une contradiction interne de leur éthique du travail : doit-elle aller du côté de la lutte pour garder prise sur les règles du métier ou du côté de l’abandon à un néo-management paré des atours de la légitimité ?