Formation éthique à l’expérience du soin et obstacles disciplinaires : comment relever le défi ?
Le soin – et le terme est à comprendre dans un sens élargi en intégrant les soins de santé et de services sociaux – ne peut se réduire à un geste technique. Il implique une responsabilité éthique du soignant face à l’expérience existentielle de la souffrance du patient. En effet, tout acte de soin n...
Enregistré dans:
| Auteurs principaux: | , , , |
|---|---|
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
2024
|
| Fag: | |
| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Le soin – et le terme est à comprendre dans un sens élargi en intégrant les soins de
santé et de services sociaux – ne peut se réduire à un geste technique. Il implique
une responsabilité éthique du soignant face à l’expérience existentielle de la souffrance du patient. En effet, tout acte de soin ne peut prendre sens qu’au cœur de
cette irréductible altérité intersubjective qui s’inscrit dans une altérité institutionnelle
plus large, nourrie par un cadre philosophique, politique et juridique toujours singulier.
Dans la pratique du soin, cette mise en sens est généralement indissociable d’une
démarche éthique. En effet, face à la complexité du réel, une délibération entre les
soignants est le plus souvent nécessaire pour prendre en charge de manière responsable le patient en se centrant sur son vécu et sa manière unique d’être au monde
tout en respectant les valeurs collectives, notamment celles qui se sont cristallisées
dans les textes juridiques encadrant et guidant la relation de soin dans une société
donnée. Une telle démarche, de plus en plus en demande dans les milieux de soins,
se révèle toutefois complexe. Par sa nécessaire interdisciplinarité, elle suppose une
mise en dialogue de diverses identités professionnelles issues, par exemple, du
domaine de la santé, des services sociaux, de l’éthique et du droit. Or, chacune de
ces identités, en raison de la formation universitaire et de l’organisation professionnelle, présente le plus souvent la particularité d’être constituée en silo, parfois très
hermétique. Dès lors, comment sortir de cette impasse, tout particulièrement lors
d’une délibération éthique entre intervenants de différentes disciplines engagés
dans une expérience du soin ?
Notre équipe interdisciplinaire (médecine, ergothérapie, droit et éthique) et interculturelle (Canada et Suisse) s’efforce de répondre à cette question en proposant
des enseignements collaboratifs. Ces expériences d’enseignement sont l’objet du
présent article. |
|---|