Concilier pratique de la réflexion éthique et pratique de la réflexion philosophique dans la philosophie pour enfants (ppe) : éclairages théoriques et préconisations pratiques chez Ann Margaret Sharp

Depuis les années 1970, la philosophie pour enfants ( ppe) s’est structurée, en tant que nouvelle pratique éducative, autour d’un projet éthique et politique fort : transmettre aux enfants, âgés de 4 à 18 ans, les outils intellectuels et sociaux permettant de devenir des citoyens autonomes, altruist...

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Auteur principal: Hawken, Johanna
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2024
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Depuis les années 1970, la philosophie pour enfants ( ppe) s’est structurée, en tant que nouvelle pratique éducative, autour d’un projet éthique et politique fort : transmettre aux enfants, âgés de 4 à 18 ans, les outils intellectuels et sociaux permettant de devenir des citoyens autonomes, altruistes, critiques et porteurs d’une éthique de vie et de pensée (Lipman, 2008 ; Sharp, 1987). Ce projet a été porté notamment par Ann Margaret Sharp et Matthew Lipman, souvent considérés comme le couple fondateur de la méthode de la communauté de recherche philosophique ( crp), en classe. Dans notre article, nous souhaitons centrer notre analyse sur les travaux d’Ann Margaret Sharp, afin d’étudier cette tension entre la visée philosophique et la visée éthique dans la pratique de la philosophie pour enfants. En effet, la philosophe américaine souhaitait transmettre, simultanément, une pratique de la réflexion philosophique et une pratique de la réflexion éthique, et considérait même – étant ouvertement platonicienne – que ces activités constituaient les deux facettes d’une même médaille. Dans le même temps, elle était tout à fait consciente des dérives propres à la moralisation ou à l’instrumentalisation de la philosophie au nom de l’éducation éthique. En effet, si cette pratique intellectuelle est instrumentalisée au nom de la formation éthique des enfants, elle risque de perdre certaines caractéristiques définissant sa philosophicité : la critique, la liberté intellectuelle, le questionnement des normes et des conventions, la complexité des problèmes et de leurs réponses, l’amour des hypothèses et des idées, le mouvement dialectique de la pensée.