L’adaptation au prisme de la maladie ou du handicap

Le but de mon propos est de montrer que l’impératif d’adaptation, que nos sociétés contemporaines adressent à tout un chacun (travailleur, personne malade ou handicapée), impératif qui se pare du noble motif selon lequel s’adapter serait une qualité propre à tout être vivant et constitutive de la vi...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Egile nagusia: Robin, Sylvie
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: 2023
Gaiak:
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Deskribapena
Gaia:Le but de mon propos est de montrer que l’impératif d’adaptation, que nos sociétés contemporaines adressent à tout un chacun (travailleur, personne malade ou handicapée), impératif qui se pare du noble motif selon lequel s’adapter serait une qualité propre à tout être vivant et constitutive de la vie elle-même, est en réalité une injonction tendancieuse, inspirée par les exigences normatives et productives propres à nos sociétés néolibérales.En effet, cet impératif permet en réalité d’exclure ou de condamner à la relégation tout individu ne correspondant pas aux exigences normatives de nos sociétés contemporaines qui, loin d’être inclusives et conscientes de la richesse et de l’énergie susceptibles d’être déployées au profit de la communauté (l’entreprise, l’institution publique ou la société dans son ensemble) tendent à le culpabiliser.Je propose donc de renverser la charge de l’impératif d’adaptation en ardente obligation qui s’impose à la société elle-même qui doit permettre à tous ses membres de participer pleinement à la vie de la communauté dans toutes ses dimensions (culturelle, professionnelle, citoyenne).Plutôt que de leur opposer l’argument d’une supposée incapacité ou inaptitude, la société doit compter avec la capabilité de ceux qui, différents mais non inférieurs, trouvent en eux des ressources nouvelles pour faire face à l’adversité de la vie ou de la maladie.Cette perspective optimiste a l’avantage de favoriser l’« empowerment » ou l’agentivité de tous au sein d’une société plurielle et inclusive, où chacun se réapproprie sa propre puissance d’agir au bénéfice de tous.