Allocation de ressources médicales rares : enjeux éthiques et citoyens
Si les cellules de soutien éthique mises en place par les Espaces de réflexion éthique ont répondu à des saisines de tout ordre, c’est la problématique du triage ou de la priorisation en réanimation qui a été la plus médiatisée et controversée. Pourquoi ? Les décisions d’admission en réanimation son...
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Langue: | Français |
| Publié: |
2022
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| Accès en ligne: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Si les cellules de soutien éthique mises en place par les Espaces de réflexion éthique ont répondu à des saisines de tout ordre, c’est la problématique du triage ou de la priorisation en réanimation qui a été la plus médiatisée et controversée. Pourquoi ? Les décisions d’admission en réanimation sont toujours complexes et prises selon de multiples critères et contraintes, dans un temps limité et en l’absence d’éléments de certitude. Des ressources émanant des pairs, telles que les scores de sévérité, existent et aident à la décision, mais dans un contexte de crise sanitaire comme on l’a connu au printemps 2020, la question n’est plus strictement médicale : elle se double d’une question sociétale qui engage toute la collectivité, par le prisme de la justice distributive. Face à cette gageure, trois options sont possibles : l’option utilitariste, privilégiée par les auteurs anglo-saxons mais majoritairement rejetée en France, l’option égalitariste, difficile à appliquer en urgence et l’option prioritariste, certes facile mais moralement très critiquable. L’algorithme peut alors apparaître comme une solution magique pour optimiser les choix. Quelle que soit l’option privilégiée, la transparence sur les critères adoptés pour l’admission en réanimation est nécessaire, ce qui suppose la participation des citoyens dans l’élaboration de recommandations de priorisation. Le médecin est toujours celui qui, après un processus de délibération collégiale, prend la décision relative à la poursuite ou à l’arrêt des traitements. Mais le poids de celle-ci sera moins lourd à porter si les données intégrant sa réflexion ont pu être débattues démocratiquement. |
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