Croire en démocratie et croire en la démocratie

Notre manière de croire est révélatrice de notre rapport à la démocratie. Telle est l’hypothèse qui guide la présente réflexion. Celle-ci part d’une interrogation sur la justification épistémique de la croyance. En revenant sur l’opposition entre la thèse « volontariste » et la thèse « évidentialist...

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Auteur principal: Vieu, Patrick
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2020
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Notre manière de croire est révélatrice de notre rapport à la démocratie. Telle est l’hypothèse qui guide la présente réflexion. Celle-ci part d’une interrogation sur la justification épistémique de la croyance. En revenant sur l’opposition entre la thèse « volontariste » et la thèse « évidentialiste », on montrera qu’il n’est pas possible de rabattre l’éthique de la croyance sur une morale pratique — une morale de l’utilité ou de l’efficacité —, l’agent n’étant responsable ni de ses croyances, ni des normes qui les gouvernent. Une épistémologie des vertus (de la personne) s’avère donc plus adéquate, pour appréhender le fondement éthique de la croyance, qu’une théorie déontologique de la justification (de l’action de croire). L’approche épistémique de la démocratie par laquelle se poursuit l’analyse souligne les enjeux politiques autour de la formation des croyances dans un système compris comme un « espace de raisons ». Après avoir décrit la relation paradoxale qui unit, dans ce système, l’égalité et la vérité, on montre que les théories de la démocratie élaborées pour résoudre ce paradoxe supposent toutes des citoyens épistémiquement vertueux. On confrontera alors cette observation à la réalité contemporaine pour montrer combien le mélange d’indifférence et de méfiance qui caractérise notre rapport à la vérité fragilise les fondements psychologiques et cognitifs de la démocratie. Enfin, on tentera de dégager quelques conditions concrètes de nature à consolider ces fondements pour passer d’une démocratie de la crédulité à une démocratie de la connaissance.