Les frontières de la justice : citoyenneté, capacité d’anticipation et handicap

La philosophe américaine Martha Nussbaum, dans son livre Frontiers of Justice, a adressé une grave critique à la théorie de la justice de John Rawls dont pourtant elle reconnaît les mérites. En définissant la justice comme le résultat d’un accord ou d’un contrat social équitable entre citoyens « no...

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Auteur principal: Audard, Catherine
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2016
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:La philosophe américaine Martha Nussbaum, dans son livre Frontiers of Justice, a adressé une grave critique à la théorie de la justice de John Rawls dont pourtant elle reconnaît les mérites. En définissant la justice comme le résultat d’un accord ou d’un contrat social équitable entre citoyens « normaux » et relativement égaux entre eux, nous risquons d’exclure « les personnes qui souffrent de handicaps, mentaux en particulier, et qui ne feront pas partie de ceux pour qui les institutions sociales de base sont conçues ». Dans le cas où la capacité d’anticipation de la personne est endommagée ou détruite, elle ne sera pas en mesure de développer et de défendre une conception rationnelle de son bien selon un plan de vie, ce qui est pourtant à l’origine de la demande de justice. En réponse à cette critique, on montrera que la conception rawlsienne de la citoyenneté et de l’importance de l’anticipation et d’un plan de vie pour son exercice et ses droits, peut et doit être maintenue ainsi que ses bénéfices en termes d’abandon de toute référence au droit naturel ou à une justice transcendante, mais à condition de l’interpréter à l’aide de trois arguments supplémentaires : antinaturaliste, diachronique et anti-essentialiste.