La décision médicale la fin des décideurs ?

L’une des questions ouvertes par la loi Leonetti en 2005 est celle de savoir si une décision médicale peut être collective, comme il l’est désormais conseillé de façon pressante. Son présupposé est que, parce qu’une décision est collective, elle a plus de chances d’être correcte et juste que si elle...

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Autor principal: Cléro, Jean-Pierre
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2016
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spelling cairn-RFEAP_001_0022RFEAPRevue française d'éthique appliquée https://shs.cairn.info/revue-francaise-d-ethique-appliquee-2016-1-page-22?lang=fr https://doi.org/10.3917/rfeap.001.0022 La décision médicale la fin des décideurs ? Cléro, Jean-Pierre2016 décision collégialedécision médicaledémocratie sanitairefre Revue française d'éthique appliquée | 1 | 1 | 2016-05-24 | p. 22-36 | 2494-5757 RFEAP_001100 L’une des questions ouvertes par la loi Leonetti en 2005 est celle de savoir si une décision médicale peut être collective, comme il l’est désormais conseillé de façon pressante. Son présupposé est que, parce qu’une décision est collective, elle a plus de chances d’être correcte et juste que si elle est le fait d’un individu qui décide seul. Il n’est pas impossible que la pression démocratique ait imposé cette façon de penser au corps médical. Mais à quelles conditions une décision prise en commun ne laisse pas de regrets à ceux qui la prennent, après avoir délibéré, et à celle ou celui qui dirige un service ? Cette question, qui se pose de façon nouvelle au personnel médical, doit être repensée de fond en comble ; ce qui ne veut pas dire qu’elle n’ait pas été affrontée par des auteurs du passé qui, depuis l’Antiquité avec Aristote, en passant par le Moyen Âge, avec saint Thomas d’Aquin (qui nous a appris à distinguer le choix et l’élection), et les philosophes du xviiie siècle – Rousseau et Condorcet –, ont largement défriché le terrain, en se limitant, il est vrai, à l’acception politique des élections, des choix et des décisions, de telle façon tout de même que les modernes puissent le creuser dans de meilleures conditions, sans céder aux sirènes du mythe du « décideur » des années 1970, 1980 et 1990.One of the questions opened by the French Leonetti Law (2005) is whether medical decision may be collective - as it is now strongly and urgently advised. The presupposition of the question is that, because of decision being collective, this decision has more chances to be right than being taken lonely. It is not impossible that the democratic pressure imposed its way of thinking upon the medical profession. But what are the conditions for a decision taken by a common accord not to leave the decision makers regretful about it (after deliberation) or a director of a hospital service doubtful to it ? This question, which must be considered in a new way by the staff, must be rethought from top to bottom ; however that does not mean that the problem has never been raised by past authors from Antiquity to nowadays. Aristotle and Aquino (that have learned to distinguish between choice and election), Rousseau and Condorcet (that thought to the phenomenon of political elections) have mainly cleared the way, so that the moderns may move forward in the best conditions, without giving into the lure of the « decision maker » (as a myth of the seventies, eighties and nineties of the last century).Cairn free access
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