La décision médicale la fin des décideurs ?

L’une des questions ouvertes par la loi Leonetti en 2005 est celle de savoir si une décision médicale peut être collective, comme il l’est désormais conseillé de façon pressante. Son présupposé est que, parce qu’une décision est collective, elle a plus de chances d’être correcte et juste que si elle...

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Auteur principal: Cléro, Jean-Pierre
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2016
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:L’une des questions ouvertes par la loi Leonetti en 2005 est celle de savoir si une décision médicale peut être collective, comme il l’est désormais conseillé de façon pressante. Son présupposé est que, parce qu’une décision est collective, elle a plus de chances d’être correcte et juste que si elle est le fait d’un individu qui décide seul. Il n’est pas impossible que la pression démocratique ait imposé cette façon de penser au corps médical. Mais à quelles conditions une décision prise en commun ne laisse pas de regrets à ceux qui la prennent, après avoir délibéré, et à celle ou celui qui dirige un service ? Cette question, qui se pose de façon nouvelle au personnel médical, doit être repensée de fond en comble ; ce qui ne veut pas dire qu’elle n’ait pas été affrontée par des auteurs du passé qui, depuis l’Antiquité avec Aristote, en passant par le Moyen Âge, avec saint Thomas d’Aquin (qui nous a appris à distinguer le choix et l’élection), et les philosophes du xviiie siècle – Rousseau et Condorcet –, ont largement défriché le terrain, en se limitant, il est vrai, à l’acception politique des élections, des choix et des décisions, de telle façon tout de même que les modernes puissent le creuser dans de meilleures conditions, sans céder aux sirènes du mythe du « décideur » des années 1970, 1980 et 1990.