À quoi servent les squats ?

RésuméSans minimiser les souffrances réelles des acteurs comme les phénomènes macrosociaux de production des inégalités, il semble aujourd’hui opportun, face aux discours dominants structurés tour à tour par l’inquiétude ou la compassion, de rappeler que les individus en situation de grande précarit...

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Glavni autor: Bouillon, Florence
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: 2002
Online pristup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id cairn-RFAS_022_0045
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spelling cairn-RFAS_022_0045RFASRevue française des affaires sociales https://shs.cairn.info/revue-francaise-des-affaires-sociales-2002-2-page-45?lang=fr https://doi.org/10.3917/rfas.022.0045 À quoi servent les squats ? Bouillon, Florence2002 fre Revue française des affaires sociales | - | 2 | 2002-06-01 | p. 45-63 | 0035-2985 RFAS_02234 RésuméSans minimiser les souffrances réelles des acteurs comme les phénomènes macrosociaux de production des inégalités, il semble aujourd’hui opportun, face aux discours dominants structurés tour à tour par l’inquiétude ou la compassion, de rappeler que les individus en situation de grande précarité disposent également de ressources et de compétences. L’observation de squats à Marseille, c’est-à-dire de lieux fermés vacants, occupés illégalement par des personnes sans domicile, nous donne à voir la très grande diversité des trajectoires de squatters, et parallèlement des types de squats qu’ils mettent en place. Mais au-delà, travailler sur les squats permet de bénéficier d’un analyseur particulièrement pertinent des savoir-faire et des savoir-dire à l’œuvre dans des espaces pourtant marqués par la fragilité, voire la violence et la délinquance. À la lumière de ce que sont les difficultés que rencontrent les squatters pour squatter, des capacités qu’ils mettent en œuvre pour les dépasser et des aptitudes tant pratiques que cognitives qu’on peut alors identifier, on comprend que squatter peut être lu comme un acte de résistance, collectif ou individuel, à l’exclusion du logement. Il paraît dès lors crucial que la collectivité n’ignore pas ces aspirations et ces compétences, et invente, avec elles, de nouvelles formes de l’action.Without minimizing the real sufferings of the actors and the macro-social phenomena which generate current inequalities, it seems an opportune time now – in the face of the dominant opinions structured in turn by concern or compassion – to remember that individuals in very precarious situations also have both resources and competences. A study of squats in Marseilles, meaning those vacant but enclosed premises illegally occupied by the homeless, demonstrates the very great diversity in the histories of actual squatters, and in parallel in the types of squats which they set up. However, in addition, any work done on the squats provides a particularly relevant analysis of the know-how and received opinions at work in these areas, which are however marked by their very fragility, and even by violence and delinquency. In the light of the difficulties which squatters encounter when actually squatting, and the capacities they exploit to overcome them – and those aptitudes both practical and cognitive which can then be identified – one comes to understand that squatting can also be seen as an act of resistance, collective or individual, to the exclusion from housing. In consequence it now seems crucial for the community to take note of such aspirations and competences – and to think out with them some new forms for action.Cairn free access
language Français
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description RésuméSans minimiser les souffrances réelles des acteurs comme les phénomènes macrosociaux de production des inégalités, il semble aujourd’hui opportun, face aux discours dominants structurés tour à tour par l’inquiétude ou la compassion, de rappeler que les individus en situation de grande précarité disposent également de ressources et de compétences. L’observation de squats à Marseille, c’est-à-dire de lieux fermés vacants, occupés illégalement par des personnes sans domicile, nous donne à voir la très grande diversité des trajectoires de squatters, et parallèlement des types de squats qu’ils mettent en place. Mais au-delà, travailler sur les squats permet de bénéficier d’un analyseur particulièrement pertinent des savoir-faire et des savoir-dire à l’œuvre dans des espaces pourtant marqués par la fragilité, voire la violence et la délinquance. À la lumière de ce que sont les difficultés que rencontrent les squatters pour squatter, des capacités qu’ils mettent en œuvre pour les dépasser et des aptitudes tant pratiques que cognitives qu’on peut alors identifier, on comprend que squatter peut être lu comme un acte de résistance, collectif ou individuel, à l’exclusion du logement. Il paraît dès lors crucial que la collectivité n’ignore pas ces aspirations et ces compétences, et invente, avec elles, de nouvelles formes de l’action.
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