À quoi servent les squats ?

RésuméSans minimiser les souffrances réelles des acteurs comme les phénomènes macrosociaux de production des inégalités, il semble aujourd’hui opportun, face aux discours dominants structurés tour à tour par l’inquiétude ou la compassion, de rappeler que les individus en situation de grande précarit...

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Dades bibliogràfiques
Autor principal: Bouillon, Florence
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: 2002
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripció
Sumari:RésuméSans minimiser les souffrances réelles des acteurs comme les phénomènes macrosociaux de production des inégalités, il semble aujourd’hui opportun, face aux discours dominants structurés tour à tour par l’inquiétude ou la compassion, de rappeler que les individus en situation de grande précarité disposent également de ressources et de compétences. L’observation de squats à Marseille, c’est-à-dire de lieux fermés vacants, occupés illégalement par des personnes sans domicile, nous donne à voir la très grande diversité des trajectoires de squatters, et parallèlement des types de squats qu’ils mettent en place. Mais au-delà, travailler sur les squats permet de bénéficier d’un analyseur particulièrement pertinent des savoir-faire et des savoir-dire à l’œuvre dans des espaces pourtant marqués par la fragilité, voire la violence et la délinquance. À la lumière de ce que sont les difficultés que rencontrent les squatters pour squatter, des capacités qu’ils mettent en œuvre pour les dépasser et des aptitudes tant pratiques que cognitives qu’on peut alors identifier, on comprend que squatter peut être lu comme un acte de résistance, collectif ou individuel, à l’exclusion du logement. Il paraît dès lors crucial que la collectivité n’ignore pas ces aspirations et ces compétences, et invente, avec elles, de nouvelles formes de l’action.