Penser les évènements extrêmes

Le type d’incertitude qui est lié aux événements extrêmes, qu’ils soient naturels ou moraux, exige des concepts complètement nouveaux. Convaincu que les mots possèdent une sagesse que n’ont pas toujours ceux qui les utilisent, je ne résiste pas à la tentation de me référer à la controverse qui entou...

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1. Verfasser: Dupuy, Jean-Pierre
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: 2010
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beschreibung
Zusammenfassung:Le type d’incertitude qui est lié aux événements extrêmes, qu’ils soient naturels ou moraux, exige des concepts complètement nouveaux. Convaincu que les mots possèdent une sagesse que n’ont pas toujours ceux qui les utilisent, je ne résiste pas à la tentation de me référer à la controverse qui entoure l’étymologie de ce mot étrange : « risque ». D’un côté, il y a ceux qui, avec Wartburg, le font dériver de l’ancien italien risco, lui-même issu du latin resecum, « ce qui coupe » – d’où les sens de « rocher escarpé », « écueil » et, finalement, de « risque encouru par une marchandise transportée par un bateau » : donc, l’accident. Mais, de l’autre, on trouve ceux qui, avec Guiraud, pensent qu’« il n’y a pas le moindre commencement de preuve à ce roman nautique » et font dériver le mot du latin rixare (« se quereller »). Le risque, c’est ce qui émerge du conflit humain – la rixe – lorsque, ainsi que Clausewitz en a fait la théorie, il monte aux extrêmes et, tel un destin indifférent, mène les violents à la destruction mutuelle. Les catastrophes naturelles et les catastrophes morales, de plus en plus, seront indiscernables. C’est la leçon apocalyptique par excellence.