La fraternité
RésuméFrançois Nault réfléchit sur la base du travail de J. Derrida. Celui-ci est réservé, pour sa part, à l’égard du lexique de la fraternité en raison, notamment, des questions de filiation. Chez Carl Schmitt, le frère est identifié à l’ennemi dans une oscillation entre l’intime et le politique. S...
Spremljeno u:
| Glavni autor: | |
|---|---|
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Jezik: | Français |
| Izdano: |
2007
|
| Online pristup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sažetak: | RésuméFrançois Nault réfléchit sur la base du travail de J. Derrida. Celui-ci est réservé, pour sa part, à l’égard du lexique de la fraternité en raison, notamment, des questions de filiation. Chez Carl Schmitt, le frère est identifié à l’ennemi dans une oscillation entre l’intime et le politique. Sa lecture n’est ni pacifiste ni belliciste, écrit-il. Schmitt prône une neutralité politique. Il propose une interprétation originale de Matthieu 5, 44 et Luc 6, 27 : la sphère du privé est la seule où aimer son ennemi a un sens. Nietzsche, avant Schmitt, avait annoncé en la déplorant la disparition de l’ennemi, ce que Derrida commente en soutenant que Nietzsche « convertit l’ami en ennemi ». Cette mutation est majeure. Mais, au juste, qui est mon ennemi ? Celui qui me met en question, mon frère, par exemple, comme le rapporte le récit biblique de Caïn et Abel. Chez Heidegger, « la maison du monde » est une maison d’où « l’Ami est absent », ce qui n’est pas tout à fait le cas pour Schmitt qui dénonce, de son côté, la « religion de la technicité » que la modernité actuelle promeut : révolution scientifique, anthropologique, psychologique de « l’homme sans gravité » (C. Melman). Relisant les commencements de l’humanité au Livre de la Genèse, nous y découvrons l’inachèvement de la création de l’humanité qui appelle la bénédiction divine. C’est à l’homme de parachever cette création. Il le fera en maîtrisant sa maîtrise et en faisant advenir l’image de Dieu, ce que Caïn, « bête sans parole », n’est pas parvenu à faire. La fraternité est non seulement un don, mais aussi une responsabilité, la forme la plus haute de l’amitié. |
|---|