E-migrés : l’injonction à la connexion des personnes âgées immigrées

Dans un contexte de durcissement des politiques migratoires et d’accès aux droits sociaux, cet article interroge la manière dont les personnes âgées immigrées composent avec l’injonction au numérique et la fermeture des guichets des principaux services publics. Il s’appuie sur une enquête...

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Auteurs principaux: Cloteau, Armèle, Bramekamp, Hannah
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: 2026
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Dans un contexte de durcissement des politiques migratoires et d’accès aux droits sociaux, cet article interroge la manière dont les personnes âgées immigrées composent avec l’injonction au numérique et la fermeture des guichets des principaux services publics. Il s’appuie sur une enquête ethnographique auprès d’associations œuvrant au côté de seniors immigrés en Île-de-France, complétée par des entretiens semi-directifs. Analysant le cas de l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA), nous montrons que le numérique et le renforcement des outils de contrôle agissent comme un filtre à l’inclusion dans l’espace national, où l’État exige des personnes immigrées qu’elles prouvent continuellement leur présence et leur loyauté – quasi exclusive – à la France, en fournissant un ensemble de preuves numériques. Ces personnes immigrées deviennent alors des e-migrés, à la fois éloignés de leurs droits sociaux et de leurs attaches hors de France. Ces transformations entraînent un éclatement du travail administratif nécessaire à l’obtention des droits entre une variété d’acteurs (administration, travailleurs sociaux, syndicats, proches, etc.) renforçant la dépendance des personnes âgées immigrées vis-à-vis de ces derniers. Prouver leur éligibilité aux droits sociaux devient alors un véritable travail, au sens d’un travail coûteux de familiarisation avec les outils numériques et d’administration de la preuve, qui se solde parfois même par un retour (momentané) à une activité professionnelle. Nous faisons l’hypothèse que ces évolutions constituent un pas de plus en direction des politiques du workfare.