« Faire ses 10 000 pas », vraiment ?

En se concentrant sur le cas de la marche, cet article apporte un éclairage empirique au débat sur les pratiques de self-tracking, ces automesures personnelles à l’aide de bracelets et montres connectés ou d’applications sur smartphone, que certains perçoivent comme des nouvelles sources de connais...

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Dettagli Bibliografici
Autore principale: Pharabod, Anne-Sylvie
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: 2019
Soggetti:
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:En se concentrant sur le cas de la marche, cet article apporte un éclairage empirique au débat sur les pratiques de self-tracking, ces automesures personnelles à l’aide de bracelets et montres connectés ou d’applications sur smartphone, que certains perçoivent comme des nouvelles sources de connaissance de soi, et d’autres comme des formes inédites gouvernement des conduites. Il resitue la fabrication des automesures de marche dans la sociohistoire des podomètres et montre comment les dispositifs numériques privilégient désormais une visée d’évaluation permanente de l’activité physique plutôt que celle de sessions dédiées à la marche, intégrant ainsi une préoccupation de santé publique – lutter contre la sédentarité – au cœur de la vie quotidienne. Toutefois, en fouillant les manières de produire, lire et analyser les traces de marche de vingt self-trackers ordinaires, l’enquête montre qu’au-delà de l’appropriation d’un même cadre cognitif (unité de compte en pas plutôt qu’en kilomètres ou en durée, norme des 10 000 pas), les utilisateurs ajustent leurs pratiques d’automesure de façon personnelle. Leurs modes d’adoption des podomètres dans le temps et leurs logiques pour établir des chiffres qui leur servent sont bien trop variés pour entraîner un alignement de leur activité de marche quotidienne sur l’objectif de santé embarqué dans la plupart outils.