Les nouvelles lois sur les pauvres (1988-2023)
Cet article retrace l’évolution des politiques françaises articulant lutte contre la pauvreté et accès à l’emploi entre 1988 et 2023, en analysant les instruments créés (RMI, prime pour l’emploi, RSA, prime d’activité) et leurs justifications théoriques successives, en se focalisant principalement s...
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| المؤلف الرئيسي: | |
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| التنسيق: | Article ou chapitre numérique |
| اللغة: | Français |
| منشور في: |
2026
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| الموضوعات: | |
| الوصول للمادة أونلاين: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| الملخص: | Cet article retrace l’évolution des politiques françaises articulant lutte contre
la pauvreté et accès à l’emploi entre 1988 et 2023, en analysant les instruments
créés (RMI, prime pour l’emploi, RSA, prime d’activité) et leurs justifications
théoriques successives, en se focalisant principalement sur l’aspect monétaire
des instruments.
Le RMI (1988) affirme un droit à l’insertion sociale tout en maintenant des
gains à l’emploi à temps plein. La prime pour l’emploi (2001) vise à lutter
contre les trappes à inactivité tandis que le RSA (2008) marque un basculement
vers une logique où « le travail doit payer pour chaque heure travaillée »,
supprimant la norme d’emploi à temps plein. La prime d’activité (2015)
privilégie l’accès aux droits tout en maintenant la familialisation du dispositif de
complément de revenus. La Loi pour le plein emploi (2023) accentue la conditionnalité avec une convergence des logiques assurantielles et assistancielles.
Malgré des instruments présentés comme redistributifs, le système socio-fiscal est devenu moins égalitaire, du fait de la sous-indexation des prestations,
notamment les minima sociaux. L’approche économique focalisée sur les
incitations a progressivement éclipsé l’approche par les droits, au risque de
perdre de vue les objectifs finaux, notamment la garantie de moyens
convenables d’existence. L’article plaide en conclusion pour un retour à l’esprit
de 1988 et un « revenu maximisant l’insertion » suffisamment élevé pour que
le manque de ressources ne constitue pas en soi une trappe à pauvreté,
accompagné des politiques visant le plein emploi de qualité, via des dispositifs
visant les entreprises plutôt que l’offre de travail. |
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