Réformer l’héritage aujourd’hui
L’héritage est un sujet éminemment idéologique, qui renvoie au droit de propriété, à la famille et à ses valeurs morales, ainsi qu’à l’État redistributeur. L’analyse part d’un constat relatif aux droits de succession et à leur vocation à réduire l’inégalité des chances : autrefois bien toléré et imp...
Uloženo v:
| Hlavní autor: | |
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| Médium: | Article ou chapitre numérique |
| Jazyk: | Français |
| Vydáno: |
2026
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| Témata: | |
| On-line přístup: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Shrnutí: | L’héritage est un sujet éminemment idéologique, qui renvoie au droit de propriété,
à la famille et à ses valeurs morales, ainsi qu’à l’État redistributeur. L’analyse part d’un
constat relatif aux droits de succession et à leur vocation à réduire l’inégalité des
chances : autrefois bien toléré et important, l’impôt est aujourd’hui réduit à la portion
congrue mais pourtant très impopulaire. L’explication de ce paradoxe conduit à
distinguer six idéologies ou philosophies pures de l’héritage, entre lesquelles naviguent
les discours et les politiques concernés.
Les propositions de réforme successorale les plus en vue, favorables à la
redistribution, s’inspirent de la philosophie de « l’épargnant-égalité citoyenne » ou de
celle de « l’héritier-égalité citoyenne ». Elles prônent une fiscalité neutre, indépendante
des liens familiaux : les premiers gagnants seraient chez nous les ménages aisés sans
enfant, aujourd’hui fortement pénalisés. Étrangères à la culture de notre pays et peu ou
jamais expérimentées, ces réformes fiscales se heurteraient à des difficultés de mise en
œuvre redoutables. Surtout, elles ne répondent pas aux défis actuels, liés à une double
urgence : politico-idéologique, la suppression des droits de succession apparaissant la
réforme la plus simple et la plus populaire ; socioéconomique, face au transfert
inégalitaire sans précédent que va générer la disparition des générations du baby-boom, nombreuses et bien dotées en patrimoine.
Ma réponse inédite à ces défis consiste à utiliser les droits de succession comme un
mécanisme-levier incitatif, qui viserait à déplacer l’épargne abondante des ménages
séniors vers des placements longs, au besoin « transgénérationnels », largement
exonérés, alors que les autres biens transmis seraient plus lourdement imposés. De tels
placements pourraient assurer à une large échelle le financement des investissements
d’avenir massifs requis aujourd’hui, qu’ils soient productifs ou numériques, écologiques
ou sociaux. |
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