La voie étroite vers les sommets de la fonction publique L’effet croisé du genre et de l’origine sociale

Cet article analyse les processus de sélection des élèves de Sciences Po durant le concours externe de l’Éna. A partir d’une base de données originale, nous montrons que la part des femmes se réduit à chaque étape : elles sont sous-représentées en année préparatoire relativement à leur part dans...

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Detalhes bibliográficos
Principais autores: Parodi, Maxime, Périvier, Hélène, Larat, Fabrice
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: 2025
Assuntos:
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:Cet article analyse les processus de sélection des élèves de Sciences Po durant le concours externe de l’Éna. A partir d’une base de données originale, nous montrons que la part des femmes se réduit à chaque étape : elles sont sous-représentées en année préparatoire relativement à leur part dans la population étudiante de Sciences Po ; parmi les préparationnaires, elles sont moins enclines que les hommes à s’inscrire au concours de l’Éna ; elles sont davantage éliminées à l’étape d’admissibilité et sont finalement moins nombreuses parmi les admis. Cet effet de déperdition est plus marqué pour les femmes d’origine sociale modeste. A cela s’ajoute un effet performance au moment des épreuves écrites anonymes d’admissibilité : en tenant compte notamment du niveau atteint au terme de l’année préparatoire, les femmes d’origine sociale modeste réussissent moins bien ces épreuves que les autres catégories sociales et sont moins souvent admissibles. Ainsi, l’anonymat d’un concours ne suffit pas toujours à garantir l’égalité des chances. Ces résultats montrent également que le manque de diversité dans la très haute fonction publique ne peut se comprendre qu’en prenant en compte l’effet croisé du genre et de l’origine sociale.